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 No sense of time ❦ Lazare {Terminé}

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Runaway

La nuit s'avançait avec indifférence sur le tablier des heures et des jours, comme tant d'autres fois où je m'étais efforcée de ne pas m'attarder sur la date, ou plus précisément sur le nom que portait cette énième journée, ayant confié cette tache ingrate à mon téléphone portable pour ne pas trop penser à l'idée que je devrais le revoir. Néanmoins, il semblait avoir tenu parole, nulle ombre carnassière ne s'était profilée derrière moi, mais j'étais restée indécise sur ce que j'avais pu entrevoir lorsqu'il m'avait quittée cette fameuse autre nuit qui avait fini de sceller notre destin. Et je ne voulais certainement pas humaniser mon ennemi, combien même il faudrait que je le côtoie plus souvent que je ne le voudrais... Il fallait que je continue à le haïr, à sentir le dégoût marteler mon corps au moindre contact du sien, que ses manières me rebutent, qu'elles me donnent la nausée. Il n'était pas le premier vampire à tuer ses proies, certains étaient sûrement même un peu trop proches de moi, mais en vérité, ce qui me poussait à le rejeter était cette première fois où il avait cherché à me tuer, cette obéissance primale à ses désirs et ses besoins, cette vérité qu'il m'aurait bel et bien tuée s'il en avait eu l'occasion et dernièrement la possibilité, sans oublier cette non hésitation qu'il aurait à assassiner tous les proches de mon entourage, humain et non humain, peut-être même avec une aide dont j'ignorais l'existence. Sa monstruosité dépassait tout ce que je pouvais connaître puisqu'elle venait s'infiltrer dans mes veines, y sinuer tel un venimeux poison qui me poussait à le haïr, à réclamer sa tête, à désirer sa mort plus que toute autre chose venant de lui. Car le pire était sûrement ce lien qui nous reliait l'un à l'autre parce qu'il avait besoin de me côtoyer, de me percevoir, de me sentir, de... Que chaque jour soit teinté de sa présence m'aurait rendue folle... Mais j'appréhendais l'instant qui me remettrait en sa présence. Je craignais l'instant où il me faudrait me rendre dans ce lieu choisi pour sa soi-disant neutralité. Ce lieu où...

J'avais placé dans mon coffre assez d'armes pour que l'on m'accuse de vente illégale de pieux, de sang mort et de poches de sang si la police venait à perquisitionner ma voiture dès l'aube suivant notre dernière rencontre. Non pas que je comptais me promener avec tout cela, mais je ne voulais pas être prise au dépourvu le moment venu. Allez savoir pourquoi, je craignais qu'il n'use de nos rencontres pour me tendre ce fameux piège dont il m'avait accusé être celle qui le ferait. Car après tout, c'était lui qui était lié à moi, lui qui pourrait imaginer se libérer de cette "attirance" à mon égard, si l'on pouvait qualifier cela ainsi, en mettant fin à mes jours. Et si lui en était incapable, pourquoi ne pas demander à un autre de le faire ? Pourtant, stationnée quelques rues plus loin, ayant quitté une soirée à l'appel de mon téléphone qui ne voulait très certainement pas que j'oublie ce que j'avais à faire cette nuit bien avant que l'aube n'en vienne seulement à songer à se profiler dans les heures à venir. J'allais abandonner ce que je n'allais pas placer sur moi ou dans mon sac sur cette place de parking des plus banales. Pourquoi ne pas m'arrêter devant le sanatorium ? Très certainement parce que je ne voulais pas que l'on sache que je m'y trouvais, que personne n'ait l'idée saugrenue de vouloir savoir ce que je pouvais bien faire dans un tel endroit, on ne peut plus surprenant lorsque l'on me connaissait. Ainsi, j'avais pris un sac dans lequel j'avais mis le nécessaire pour boire un verre de sang dans la soirée, un livre pour passer le temps, deux pieux, ainsi qu'une seringue contenant le sang d'un mort et bien évidemment mes clés de voiture pour pouvoir repartir le moment venu.

Mais à présent devant le bâtiment duquel je m'étais approchée le plus silencieusement possible, humant les fragrances environnantes à la recherche d'un piège éventuel, je m'étais approchée rapidement, pénétrant à l'intérieur le plus discrètement pour ne pas être remarquée par qui que ce soit. Alors que l'envie de faire demi-tour et de tout envoyer en l'air me tenaillait sourdement. Que l'on me prenne pour l'une de ses adolescentes en mal de sensations qui pensaient qu'un fantôme hantait les lieux plutôt qu'autre chose, sûrement devais-je faire cet effet-là de toute manière. Et en toute sincérité, ce n'était pas bien difficile à imaginer tandis que j'avançais parmi ces couloirs d'un blanc sale et tagué par endroit, une véritable ruine dans laquelle le vent semblait s'insinuer avec une facilité presque troublante. Il soulevait les voilages déchirés, de petits pieds courants de-ci de-là, faisant bouger un objet, les petites griffes raclant parfois le sol ou du bois mort, laissant un grincement sinistre se propager à l'intérieur de la bâtisse comme une gangrène persistante mais surtout dévorante. Les lieux me rappelaient ces maisons hantées dans lesquelles vous ne pénétreriez sous aucun prétexte, combien même la curiosité vous tenaillerait, parce qu'elle serait un repère parfait pour les monstres des contes qui vous empêchaient de dormir la nuit. En vérité, j'imaginais assez bien les membres du Sabbat y avoir élu domicile, sûrement était-ce la raison de l'éveil de mes sens alors que je m'avançais jusqu'à rejoindre une ancienne pièce de vie commune, incapable de me dissimuler la première dans la chambre d'un ex patient. L'espace trop exigu me rendrait malade... Non pas les portes, car toutes semblaient toujours en mesure de se refermer derrière moi et de m'emprisonner pour bien des lunes encore. Peut-être au fond de moi espérais-je que Lazare ne viendrait pas ce soir, n'ayant que trop peu envie de me revoir également, mais les liens du sang étaient redoutables, brimant la volonté et les désirs... nous étions fait comme ces rats dont les prunelles croisaient par instant les miennes, y décelant sûrement une similitude illusoire dans la lueur capricieuse que les rubans lunaires faisaient tomber sur nous par les lucarnes parfois brisées.

J'avais autant envie de me trouver ici que de coucher avec le Diable lui-même, et pourtant je m'y trouvais, m'asseyant même dans un coin de la pièce, m'adossant contre un mur tandis que je sortais un livre de mon sac, mes doigts restant sur celui-ci alors que je lançais un vague regard à ma montre, sans douter que si Lazare venait ce soir, il n'aurait aucune difficulté à me trouver. Expiant un soupire agacé, légèrement crispée, les mots ne parvenaient à prendre sens sous mes yeux alors que je restais attentive à la moindre saveur que le vent me porterait, au moindre bruit qui me parviendrait. La confiance ne m'étouffait pas, bien au contraire...



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Dernière édition par Dawn S. Lacroix le Jeu 14 Nov - 19:28, édité 1 fois
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Lazare Falkenbach
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Mardi. Le grand jour. Parfait mélange entre un rendez-vous et une mise à mort. En espérant que ça ne deviendrait ni l'un ni l'autre. Enfin je ne me faisais pas trop d'inquiétude pour le côté rendez-vous, ce que je redoutais surtout c'était d'arriver et me retrouver seul face à la Camarilla armée jusqu'au dent et plus qu'énervé que jamais à l'idée que j'avais pu toucher Dawn, la fille du Prince, pour la tuer qui plus est. Elle avait beau m'avoir promis, je n'étais pas sûr de pouvoir lui faire confiance. Mais je n'aurais pas le choix si je voulais rester un minimum opérationnel en dormant quelques heures par nuit.

Arrivé dans le quartier de Chinatown, j'adoptais la physionomie locale pour me fondre un peu plus facilement dans la masse. Un vrai petit chinois, au milieu du reste. Je venais rarement dans ce quartier là, il y avait trop de monde, trop d'agitation, trop d'humain partout. Comme une masse grouillante et désorganisé de fourmis dans laquelle je devais m'immerger et me confondre pour ne pas attirer l'attention. Le sanatorium n'était plus très loin, à l'écart de toute présence humaine à cause de prétendus fantômes. Ça me faisait doucement sourire, peut être est ce que je pourrais chasser là bas une autre nuit. Alimenter les légendes locales en faisant disparaître deux trois adolescents curieux et en manque de sensation forte. Enfin avec le nombre de chasseurs dans les parages, il fallait plutôt faire profil bas pour le moment.

Les lieux étaient désert et le bâtiment s'imposait terriblement délabré et glauque. Assez impressionnant, je comprenais mieux pourquoi les humains pensaient que le bâtiment hanté. Quelque chose de malsain transpirait de la vieille bâtisse et je m'y engouffrais avec une curiosité non dissimulée. Retrouvant mes traits naturels, j'explorais l'endroit avec une décontraction déconcertante. Les couloirs étaient tout aussi accueillant que l'extérieur, l'endroit avait des airs post-apocalyptique fascinant. Les lourdes portes qui fermaient les anciennes chambre étaient pleines de graffitis et de dessins obscènes, preuves de la bêtise et de l'ennui des humains. Et après ils se revendiquaient évolués... Pourtant ils en étaient encore là, dessiner sur les murs comme leurs vieux ancêtres dans leurs grottes. Sous les couches de peintures, les murs marqués par des bosses et de profondes griffures comme unique vestige de tout ces 'fous' qu'ils avaient enfermés sous prétexte qu'ils étaient différents. L'homme freinait l'évolution à cause de sa peur du changement, ils étaient faibles et idiots, alors pourquoi gouvernait-il sur le monde tout aussi incapable qu'ils étaient.

Une fragrance sucrée et bien trop familière chatouilla mes narines déclenchant chez moi un frisson que je réprimais rapidement haïssant cette impression d'être trahi par mon propre corps qui réagissait indépendamment de ma volonté. Elle n'était plus très loin, et mis à part elle je ne détectais aucune autre présence. Plutôt encourageant. Mes pas suivirent la piste, lentement, méfiant, jusqu'à m'amener à ce qui semblait être une ancienne salle commune. Dawn était là, assise à lire un livre comme si elle n'attendait pas vraiment quelqu'un mais qu'elle essayait de passer le temps. C'est vrai qu'on avait pas forcément convenu de discuter, seulement qu'elle serait là et moi aussi, rien de plus, rien de moins. Alors que je me rendais compte que j'étais resté planté comme un idiot dans l'entrée à la regarder lire, je détournais rapidement les yeux pour faire le tour de la pièce d'un pas lent. La prochaine fois je noterais d'amener un truc pour m'occuper si l'ambiance était toujours aussi joyeuse que celle d'une salle d'attente. Est ce que j'étais censé me montrer poli en la saluant ? L'idée me paraissait grotesque vu que nous étions tout deux coincés ici et que se montrer poli avec notre haine mutuelle serait une perte de temps et d'énergie. Au moins brisé la glace, quelque chose. Le silence m'agaçait et j'en venais presque à regretter ses insultes incessantes. M'asseyant enfin de l'autre côté de la pièce face à elle, cette fois je la fixais sans gêne espérant la faire réagir d'une quelconque manière. Mais je craquais le premier et pris la parole. « J'imagine que c'est pas le genre d'endroit auquel t'es habituée... » Partout où mes yeux se posaient, la poussière et les araignées semblaient avoir établie leurs règnes. Tout m'avait paru si lisse et propret chez elle, même dans sa vie, elle aurait pu être une humaine comme les autres tellement c'était ennuyant de la suivre entre son travail, ses amis et son chez-elle. On aurait dit la vie plastique et sans goût de Barbie, quelque chose d'artificiel qu'on nous resservait dans chaque pub. « … ni le genre de compagnie. Mais je sais me montrer très poli, pas besoin d'amener un livre. » Je savais qu'elle n'avait aucune envie de m'adresser la parole et qu'elle aurait sûrement préféré lire la notice en chinois d'un lave-linge plutôt que de me parler, mais voilà, quitte à me faire chier pour la nuit j'aurais aimé en apprendre d'avantage sur la personne avec qui je me retrouvais lié.

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Runaway

Avant même qu'il ne parvienne jusque là, je pus sentir la fragrance de son être que l'obscurité semblait se faire un plaisir de faire sinuer dans les ruines environnantes et à des lieux de ma manière de vivre habituelle, sans que cela ne me pose à priori plus de problème que nécessaire. La propreté n'était qu'une funeste illusion, d'autant plus dans les hôpitaux malgré mon tempérament à m'inquiéter pour la frêle humanité bien trop fragile qui s'y faisait soigner, tandis que je n'avais même jamais eu le moindre rhume ou la moindre allergie à quoique ce soit. Mais la question ne se posait pas vraiment, puisque mes prunelles s'étaient tout naturellement portées vers l'entrée de la pièce d'où me parvenait ce parfum boisé qui le caractérisait bien, attentive à la moindre autre épice qui aurait pu témoigner de la présence d'autres créatures nocturnes. Mais il semblait bel et bien être venu seul, ce qui était positif en un sens, mais négatif dans celui où il était bel et bien venu jusqu'ici pour rester à proximité de celle que j'étais. Un frêle soupire entremêlé d'agacement et de lassitude s'esquiva de mes lèvres alors que mon regard revenait joncher ces lignes que mes doigts dissimulèrent à ma vue en tournant une page sans même avoir cherché à véritablement lire ou comprendre la précédente. Seulement, survoler encore et toujours la même ligne avait tendance à m'agacer. Quitte à faire semblant d'être occupée, autant le faire bien. Ainsi, ce fut comme une sorte de malaise qui me saisit alors que je pouvais sentir sa présence si proche et immobile à présent, son regard brûlant mon front comme s'il ne se détachait plus de mes traits dans l'attente que je relève la tête, lui adresse un regard, un sourire ironique ou quoique ce soit d'autre.

Mais je ne lui avais promis que de venir, pas de lui faire la conversation... à quoi bon précipiter l'inévitable envie d'expédier l'autre dans les recoins des enfers immédiatement ? Tout comme je lui avais proposé de faire semblant de ne jamais m'avoir rencontrée, je comptais faire semblant de ne pas l'avoir senti. Ce qui à priori était parfaitement impossible, tant mon corps était tendu et mes sens, à l'exception de ma vue, totalement et obstinément dirigés vers lui, me laissant le craindre plus que n'importe quoi d'autre dans cette prison d'autrefois, reflet désuet d'une folie désastreuse et funeste. Folie qui le laissa sinuer dans la pièce comme s'il tentait d'en discerner les failles et les secrets... Je n'avais même pas pris le temps de me chercher une éventuelle issue, mais j'étais à priori aussi loin d'une porte que de l'autre qui s'étirait sur un autre couloir, tel un dédale, un labyrinthe fourbe et fatidique qui avait pris une certaine couleur au fil des années sous les gribouillages qui leur donnaient presque l'air moins glauque... du moins, s'il n'y avait pas parmi eux des signes kabbalistiques ou sataniques. Mais à cette seconde, je ne pensais qu'à lui, cet être qui venait finalement de s'immobiliser de l'autre côté de la pièce, mes prunelles dérivant brièvement comme pour vérifier que mes autres sens ne me jouaient pas des tours pour finalement se replonger dans cette phrase idiote qui malgré que je la lise pour la dixième fois avait toujours autant de sens qu'un discours en une langue que je ne connaissais pas. Aussi tournais-je encore une fois la page, dans l'espoir de trouver une ligne plus intéressante sur laquelle m'attarder ou capable de me faire oublier la présence du vampire. Mais c'était très certainement plus facile à dire qu'à faire, tant j'étais attirée par la sensation de sa présence à la fois si lointaine et mille fois trop proche pour que tous mes sens ne soient pas en alerte.

J'aurais bien volontiers regardé ma montre, mais il ne fallait pas compter que plus de quelques minutes se soient écoulées depuis qu'il était entré. Inspirant légèrement, je pouvais au moins admettre qu'il n'avait rien fait pour mériter ma mauvaise humeur ce soir, à l’exception de ce regard dont je sentais le poids persister sur mon être et qui m’agaçait vraiment. Mais comme si je cherchais à lui envoyer clairement un message, je m'appliquais à lire une autre ligne comme si je n'avais rien lu d'aussi passionnant depuis bien longtemps. « J'imagine que c'est pas le genre d'endroit auquel t'es habituée... » fit-il finalement remarquer, comme si le silence ne lui convenait pas... et à vrai dire, sûrement en aurais-je eu assez à un moment ou à un autre. Il était difficile d'ignorer une personne qui se trouvait dans la même pièce que vous et qui ne cessait de vous observer. Relevant seulement les yeux pour ne croiser que ses prunelles, sans faire l'effort de changer de position, persistant à rester assise, le visage incliné vers la page dont je ne connaissais toujours pas le contenu, mais qui n'avait de toute manière aucune importance... Ses mots à lui en avaient bien plus, déversant un préjugé aussi juste qu'agaçant, et décidée à arrêter là la conversation, ce fut ma seule réaction avant de soi-disant reporter mon attention sur la page de mon livre. Mais il ne semblait pas avoir envie de me laisser tranquille puisqu'il se contenta de poursuivre comme s'il n'avait pas remarqué mon manque de motivation à discuter ce soir. « … ni le genre de compagnie. Mais je sais me montrer très poli, pas besoin d'amener un livre. »

Instinctivement, je sentis toute la tension présente en moi éveiller la lave de ma contrariété à devoir passer du temps avec lui, comme si elle sinuait sous ma peau et dévoilait une mauvaise humeur dont je n'avais à priori même pas conscience, puisque la soirée avait été on ne peut plus agréable à m'amuser avec ces humains qu'il avait en horreur mais qui me faisaient un bien fou à vrai dire. Inspirant une bouffée d'air rance, je tentais néanmoins d'endormir cet incendie malsain qui briserait ce marché en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire 'ouf'. Et je préférais ces conditions à toutes les autres envisageables, il fallait donc que j'y mette du mien. Mais il avait le regrettable effet de produire en moi une certaine forme d'irritabilité, de rejet et de méfiance. Je n'aurais rien voulu avoir à faire avec un être qui avait tenté de me tuer une autre nuit sous le prétexte qu'il n'y avait rien de personnel. Laissant retomber mes paupières devant mes yeux une brève seconde, mordillant mes lèvres, cela me suffit pour refermer le livre que je tenais d'un claquement sec, tout en le conservant néanmoins sur mes genoux alors que je revenais croiser son regard une nouvelle fois. « Vu le désastre de l'autre nuit, j'ai simplement pris mes précautions. » dis-je simplement, d'une voix douce et égale à la jeune femme que je pouvais être habituellement. Mais mon cœur frappait régulièrement d'un mouvement sourd contre ma poitrine, sans s'agiter, bien au contraire, se révélant presque trop calme dans la situation présente, mais je sentais précisément le bruit sourd du tambour comme un présage funeste. Mais il voulais tenter une conversation courtoise... je devrais être capable de ça, non ?

« D'autant plus que je ne suis pas obligée de supporter une compagnie que je ne désire pas d'habitude... je n'ai qu'à m'en aller. » dis-je en lui laissant comprendre que je considérais ne pas avoir le choix d'être ici et qui me confirmait que j'étais décidément d'une humeur de chien en sa compagnie. Mais c'était comme si je me devais d'être sur la défensive, comme s'il ne pouvait être autre chose qu'une menace et que je ne voulais lui offrir la possibilité de me connaître d'une quelconque manière que ce soit. Je pris une nouvelle inspiration en repoussant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, détournant le regard pour observer les lieux qui, oh miracle, semblèrent m'aider à conserver un calme relatif alors que je répondais finalement à ses paroles. « Je n'ai peut-être pas l'habitude de vivre avec des araignées et des rats, mais je n'ai rien d'une princesse qui refuse de se salir. Sinon je ne travaillerais pas dans un hôpital, et encore moins en chirurgie. » fis-je remarquer d'une voix douce et naturelle tandis que mon regard revenait s'attarder sur lui, chercher à découvrir sa tenue, sa posture, à le cerner autrement que dans l'idée qu'il allait fatalement s'en prendre à moi ce soir. S'il restait de son côté de la pièce... « Et toi ? Tu dors avec eux ou tu as un toit sur la tête ? » ne pus-je m'empêcher de lui demander, légère petite pique en rapport avec cette fragrance aux effluves végétales qui l'enveloppaient et qui auraient presque pu avoir un effet appaisant si elle n'éveillait pas de sombres souvenirs dans mon esprit.



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Le livre soudainement fermé claqua dans l'air brisant le silence de mort qui semblait nous entouré jusque là. Sans pouvoir le retenir, un léger sourire victorieux étira mes lèvres que je tentais de dissimuler en baissant les yeux. Je l'agaçais prodigieusement et elle ferait tout pour que je le ressente, tant mieux. Son sang m'avait condamné à penser à elle et avait brimé la liberté totale dont j'avais pu jouir depuis mon arrivé à Los Angeles alors si je pouvais lui gâcher quelques nuits, ce ne serait qu'une maigre vengeance. Ça m'apaisait presque de la voir contrariée ou énervée par ma faute, lorsqu'elle cessait de me craindre c'est là qu'elle devenait trop confiante et que ça me mettait mal à l'aise avec des épisodes comme celui du débardeur.  « Vu le désastre de l'autre nuit, j'ai simplement pris mes précautions. » Sa voix calme tranchait avec son air agacé d'une seconde plus tôt, preuve qu'elle pouvait bien se montrer courtoise même quand elle en avait pas envie. Dommage qu'elle fasse partie de la Camarilla et qu'elle soit si attaché aux humains, elle aurait pu faire une chasseuse hors-pair. Bon nombre d'humains se faisaient avoir par l'apparence attirante de certains vampires, et d'après ce que j'avais pu en voir lors de notre dernière rencontre la pudeur ne l'étouffait pas et elle ne répugnait pas à toucher des êtres qu'elle pouvait haïr. Enfin ce n'était qu'une hybride, j'avais tendance à l'oublier parfois. « Désastre... J'ai trouvé ça divertissant. » Vrai et faux, même si ça avait été divertissant, elle avait plus que raison sur le fait que ça avait été désastreux, à peu près comme chacune de nos rencontre. Mais la contredire était une distraction, la voir s'énerver et ainsi fissurer son allure si lisse.

« D'autant plus que je ne suis pas obligée de supporter une compagnie que je ne désire pas d'habitude... je n'ai qu'à m'en aller. » Seulement quelques minutes de passé et elle menaçait déjà de s'en aller. Waw elle doit vraiment me détester. Pas que ça soit une grande nouvelle mais j'étais quand même rester plutôt sage mise à part mes deux tentatives de meurtre ratées. Enfin la première fois c'était pour me nourrir, qu'est ce que j'y peut moi ? C'est comme ça que je me nourris, elle était ma proie et moi le chasseur. La seconde fois c'est elle qui l'avait cherché en me menaçant de mort. « Tu peux t'en aller mais ça reviendra... Cette impression que je suis là, quelque part près de toi. Tu sentiras mon odeur, tu m'apercevras peut-être au détour d'une rue, mais tu ne me mettras pas la main dessus une seconde fois. Pendant ce temps là je me réjouirais de te voir tourner folle et paranoïaque par ma faute, sauf que j'aurais encore des insomnies et je déteste ça. » Ses visites nous faisait horreur à tout les deux pourtant elles étaient nécessaires pour garder un semblant de nos vies d'avant. Je détestais devoir l'avouer mais depuis notre dernière rencontre mes rêves étaient moins... perturbants, et l'idée que je la verrais le mardi m'aidait à patienter et je pouvais contrôler mes allers et venus en ville.

Son regard s'égara sur la pièce qui nous entourait tandis que le mien restait désespérément accroché à elle. C'était impoli, mais dans le fond j'en avais rien à faire, j’espérais me dégoûter de son visage, de ses manières, de tout ce qui la caractérisait au point de ne plus vouloir en rêver. Je doutais du procédé, je ne pense pas qu'on pouvait annuler un lien de sang en faisant une overdose de la personne auquel on s'était attaché mais peut être que ça le comblerait au moins jusqu'à la prochaine rencontre et que je ne penserais pas à elle. « Je n'ai peut-être pas l'habitude de vivre avec des araignées et des rats, mais je n'ai rien d'une princesse qui refuse de se salir. Sinon je ne travaillerais pas dans un hôpital, et encore moins en chirurgie. » Une grimace déforma mon visage en me rappelant qu'elle soignait les humains. Les mains recouvertes d'un sang chaud et frais dans leurs corps, certes souffrant mais vivant, et tout ce qu'elle faisait c'était les soigner. Merde, il y aurait eu tellement mieux à faire que ça. Je crois qu'à la limite vétérinaire m'aurait été plus supportable. « Les médecins vivent dans le luxe et l'ordre. Tout est stérile et propre dans un hôpital, mise à part les humains... forcément. » Elle allait sérieusement me détester mais qu'est ce que ça pourrait me faire puisque ce sentiment était réciproque. Elle représentait tout ce qui me rebutait et combattait tandis que pour elle, j'étais sûrement le mal incarné.  « Et toi ? Tu dors avec eux ou tu as un toit sur la tête ? » Elle avait l'air plutôt fier de sa réplique, sûrement que m'imaginer comme un clochard lui procurait satisfaction mais j'aurais mille fois préféré dormir à la belle étoile entouré d'araignées et de rats que venir habité en ville. « J'ai ce qu'on peut appeler un toit sur ma tête. Mais tu as raison, là où je vis, ça ressemble plus à un... terrier qu'à une maison bourgeoise et tape à l’œil. » Si elle voulait se moquer de mon mode de vie, je pourrais au moins répliquer et lui dire ce que je pensais du sien.

Me revenant soudain à l'esprit, je sortis le haut qu'elle m'avait balancer la dernière fois de la poche intérieur de ma veste pour le lui rendre en lui jetant à travers la pièce, puisque si je m'étais levé pour le lui rendre, ça l'aurait plus agacée. « Je te le rend, il est un peu trop petit pour moi. » C'est surtout qu'être enfermé dans le bunker avec ça, ça me rendait fou le jour. Son odeur emplissait l'espace exigu dans laquelle je vivais, flottant autour de moi comme pour me rappeler que maintenant elle faisait parti de ma vie que je le veuille ou non. Forcément, j'avais pensé le brûler, le détruire tout ce que j'étais incapable de faire quand il s'agissait d'elle mais je l'avais conservé, je l'avais gardé avec moi jusqu'à ce que mon odeur se mêle à la sienne pour finalement la remplacer. Et je renvoyais ce cadeau empoisonné à son propriétaire, pour qu'elle aussi soit hanté par ma présence désagréable même lorsque je n'étais pas là.

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Runaway

« Désastre... J'ai trouvé ça divertissant. » répondit-il à ma constatation, me laissant lui adresser un regard meurtrier en retour. Divertissant... ? Si l'on pouvait qualifier l'interlude nocturne que nous avions eu ainsi, ce ne serait que sur le fait de troubler la quiétude de mon existence et celle de la chasse dont j'étais la cible, sans jamais m'approcher de trop près jusqu'à ce que je vienne l'affronter, me dresser face à lui. Le ton était monté, il avait manqué de me tuer une nouvelle fois... si seulement il avait été en mesure de le faire. Et sûrement avais-je bien failli faire de même de mon côté. Désastreux était bien le mot qui convenait et s'il s'amusait à prétendre le contraire, grand bien lui fasse. Il m'agaçait véritablement à tel point que je ne pus m'empêcher de lui faire remarquer qu'habituellement je n'étais pas obligée de souffrir de la présence d'une personne que je ne voulais pas côtoyer. Bien sûr, pour certaines il fallait faire quelques petites concessions, mais pour d'autre, il n'en était tout simplement pas question. Puis il ne trouva rien de mieux que de me répondre, de me glisser des paroles qui ne faisaient que me faire perdre d'avantage mon calme, comme si... « Tu peux t'en aller mais ça reviendra... Cette impression que je suis là, quelque part près de toi. Tu sentiras mon odeur, tu m'apercevras peut-être au détour d'une rue, mais tu ne me mettras pas la main dessus une seconde fois. Pendant ce temps là je me réjouirais de te voir tourner folle et paranoïaque par ma faute, sauf que j'aurais encore des insomnies et je déteste ça. » ... j'avais besoin de l'entendre me dire cela ?

Croyait-il que je ne l'ignorais pas ? Et que si jamais je tentais de m'en prendre à lui, il chercherait à s'en prendre à mes proches, ceux capables de se défendre autant que ceux qui finiraient aussi froids que de la neige à pourrir dans un caniveau ? Ah oui, cela aussi, ne faisait qu'accentuer mon désir de me trouver ailleurs qu'à cet endroit. Loin de cet être haïssable et de ses menaces. Comme des mots glissés avec indifférence dans l'écueil d'un lieu qui perdait de sa neutralité à mesure qu'il se nimbait de ce côté plus sombre qu'il ne cessait d'éveiller en moi. « Ne me tente pas. » persiflais-je en sachant pertinemment que je ne me lèverais pas, que la menace m'avait déjà menée jusqu'ici, pourquoi partirais-je maintenant ? Pourquoi anéantirais-je tous les efforts que nous faisions en cet instant, bien que l'idée qu'il n'en trouve plus le repos puisse presque me donner l'envie de jouer à la sale gamine et de le planter là, maintenant. Mais cela sonnerait l'heure de ma folie autant que de la sienne et je n'étais pas prête à y perdre ma raison... ni prête à risquer de rater l'instant où il serait enfin mort sous prétexte que je n'avais pas su faire un effort qui n'avait rien de... si en vérité, il l'était : surhumain.

Mais fort heureusement, je l'étais. Un soupir et je cherchais la quiétude ailleurs que dans ses yeux, comme si les lieux étaient le reflet d'une folie envieuse et capricieuse qui possédait l'étrange talent d'aider à retrouver un semblant de calme. Peut-être en vérité me suffisait-il de regarder n'importe quoi d'autre que lui pour que l'effet soit semblable, tandis que son parfum m'enveloppait d'une détestable manière, me laissant reporter mes prunelles sur lui alors qu'une réponse plus que courtoise s'exilait de mes lèvres. « Les médecins vivent dans le luxe et l'ordre. Tout est stérile et propre dans un hôpital, mise à part les humains... forcément. » me répondit-il comme si cela coulait de source après avoir grimacé à mes propres paroles. Mes doigts se raidirent sur le livre qui persistait sur mes genoux, comme s'il n'était finalement plus qu'une bouée qui m'empêchait, me retenait de le lui balancer dessus. Qu'en savait-il après tout de comment était l'intérieur des hôpitaux ? De comment cela se passait à l'intérieur d'une salle d'opération quand tout se mettait à merder et qu'il fallait mettre les mains dans une marre de sang pour tenter de sortir un bébé tout en tentant de faire cesser l'hémorragie ? Qu'en savait-il que tout était propre quand on nous appelait sur le lieu d'un gros accident pour tenter de porter secours sur place ? S'imaginait-il que l'on ne marchait pas dans la merde ? Que le sang ne transperçait jamais nos blouses au point d'imprégner nos vêtements, voir notre peau ? Mais bien sûr, les médecins vivaient dans le luxe et l'ordre, assurément. Sans oublier que les humains n'étaient ni stériles, ni propres. « Parce que tu connais beaucoup de médecin Lazare ? Toi qui grimaces dès que l'on fait mine de te parler de soigner des humains ? » me fis-je plus ironique en me penchant légèrement vers lui, comme s'il était plus proche que notre distance le laissait supposer, et que je le provoquais sans équivoque. « Mais si des gens comme moi n'existaient pas, tu finirais par crever de faim ! Réfléchis à ça. » Non, je ne cherchais pas à lui dire que j'entretenais son garde manger, même si en vérité cela n'en était pas si loin. Mais peut-être que cela pourrait lui donner matière à réfléchir sur le fait que si tous les humains étaient traités comme de la charogne, lui et ses semblables finiraient forcément par manquer de nourriture. Néanmoins, l'ombre d'un dégoût marqua mes propres traits... pourquoi me poussait-il à penser à ce genre de chose, cela pervertissait ma propre vocation, mon propre désir à sauver la vie à venir ainsi que celle qui la portait.

L'observant, j'avais finalement fini par lui demander où lui dormait, une petite pointe d'ironie involontaire venant narguer mon timbre comme pour qu'il n'oublie pas que je ne le supportais pas, comme s'il risquait d'oublier. « J'ai ce qu'on peut appeler un toit sur ma tête. Mais tu as raison, là où je vis, ça ressemble plus à un... terrier qu'à une maison bourgeoise et tape à l’œil. » me répondit-il, me laissant... rire ! Il venait de m'arracher un rire, presque trop bref pour résonner dans cette pièce vétuste et abritée par de petits animaux qui semblèrent se terrer, brusquement conscients que les êtres présents étaient plus humains que bestiaux, navrée de les décevoir, le regard ne faisait pas tout. « Contente d'apprendre que j'avais raison, mon lapin. » ironisais-je sans relever sa boutade sur ma maison. Qu'il en pense ce qu'il voudrait, j'aimais y vivre, la piscine était un luxe agréable et puis il y avait tellement de va et vient qu'un lieu plus petit nous aurait semblé exigu, surtout en tenant compte que trois adultes y vivaient. L'indépendance voyons ! Si les lieux n'étaient pas ce qu'ils étaient, sûrement serais-je allée vivre ailleurs... enfin très certainement. Mais déjà sortait-il mon débardeur de l'une de ses poches pour le lancer dans ma direction, ne le reconnaissant qu'une fois mes doigts rattrapant le tissu, constatant ses paroles également. « Je te le rend, il est un peu trop petit pour moi. » Pourtant, ce ne fut pas ma fragrance qui m'envahissait et par simple acquis de conscience, je l'approchais légèrement de mon visage, plissant le nez en constatant que seul persistait un parfum que je ne pouvais pas oublier, puisque c'était le sien. Cette épice boisée qui me piquait le nez, ce musc et ce petit quelque chose vampiriquement parlant qui sembla appeler les battements de mon cœur à s'intensifier brusquement, comme s'il se trouvait près de moi, comme si la distance n'existait plus. La sensation brûlante de le sentir presque derrière moi revenant me hanter... je ne conserverais pas le tissu. Il en était hors de question. Si j'étais parvenue à le faire venir ici une fois par semaine sans avoir à ressentir sa présence, ce n'était sûrement pas pour avoir l'impression qu'il se trouvait chez moi dès que j'y rentrerais... et je ne vivais pas seule. C'était le meilleur moyen d'attirer cette attention que nous cherchions à rebuter, bien au contraire. Une question, pourtant, me chatouillait la langue...

« T'as fait quoi avec pour que mon odeur disparaisse pour être remplacée par la tienne ? » demandais-je d'une petite moue... indéterminable. Tout simplement parce que je ne savais quoi penser de cela, partagée entre le dégoût, la surprise qu'il l'ait gardé jusqu'ici, la colère qu'il puisse penser que j'allais remettre un jour ce qu'il avait pu tripoter et... « A moins que tu l'ais gardé pour pouvoir faire un échange ce soir ? » demandais-je avec une légère ironie, mes lèvres étirées en un sourire moqueur justement parce que je préférais penser que cela l'énerverait et ne répondrait pas à un réel besoin venant de sa part. Et puis si je devais y perdre à nouveau le haut, j'avais cette fois-ci une veste sombre sur les épaules que je n'aurais qu'à fermer pour repartir ni vue ni connue dans l'univers des humains qui me prendraient pour une prostituée si je marchais sur le trottoir en trop petite tenue. Et je ne comptais très certainement pas remettre ce haut sur moi, ou où que ce soit. Mais il allait représenter un véritable budget s'il avait réellement besoin de cette fragrance pour tenir durant une semaine sans me voir. Alors j'espérais que non. Je préférais que ce ne soit pas une nécessité et qu'il ait juste cherché à me porter sur les nerfs. Mais si c'était effectivement le cas, alors je n'allais sûrement pas le laisser gagner. La distance était mon amie, le jeu un moyen de me sentir moins oppressée... Mon regard tout autant que mon sourire semblaient se dresser fièrement face à lui et le mettre au défi de continuer à jouer s'il voulait aller sur ce terrain-là.


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Lazare Falkenbach
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Mes provocations ne tombaient visiblement pas dans l'oreille d'un sourd, elle réagissait au quart de tour et je n'en attendais pas moins venant d'elle. Chaque seconde, elle semblait s'agacer d'avantage de ma présence et je m'attendais presque à ce qu'elle finisse par se lever pour s'en aller mais elle tenait bon, répondant avec hargne à chacune de mes attaques. « Parce que tu connais beaucoup de médecin Lazare ? Toi qui grimaces dès que l'on fait mine de te parler de soigner des humains ? » Je devais avouer que sur ce point là, elle avait raison. Les seuls que j'avais connu étaient en général de pauvres infirmiers bombardés dans des infirmeries de fortunes près des champs de bataille, et encore Gus et moi n'étions pas ce qu'on peut qualifier d'habitués de cet endroit. Peut être que j'avais chassé des médecins mais je m'intéressais trop peu aux vies de mes victimes pour le savoir. « J'avoue que tu es la première avec qui je prends le temps de discuter. Mais je connais assez bien l'anatomie humaine, ça compte ? » Imitant son geste, je me penchais vers elle soutenant son regard avec un sourire qui ne laissait aucune imagination sur la manière dont j'avais pu apprendre à connaître leurs corps. « Mais si des gens comme moi n'existaient pas, tu finirais par crever de faim ! Réfléchis à ça. » Je roulais des yeux face à son argument. Oui, ils en sauvaient beaucoup et ils soignaient les humains mais ils ne permettaient pas aux humains d'exister non plus. Peut être qu'ils seraient en plus mauvaises santé mais il en resterait toujours. Et puis venant d'un médecin, me sortir que si elle les soignait, ça me permettrait de me nourrir de manière plus saine, ce devait être contraire au serment d’Hippocrate. « Les humains sont comme les rats, ils se reproduisent tellement vite qu'on aurait bien du mal à les faire disparaître. » Finalement elle ferait une très mauvaise chasseuse, aucune chance qu'un jour je la rallie à ma cause. Avec un soupire désespéré je me rassoit correctement appuyé contre le mur. La description de mon lieu de vie lui arracha un rire qui dénotait avec l'ambiance qui régnait jusqu'ici. Rire qui disparu presque aussi vite qu'il était arrivé. « Contente d'apprendre que j'avais raison, mon lapin. » Je lui jetais un regard noir en entendant son sobriquet ridicule. Mieux valait qu'elle oublie ce genre de surnom ou ça m'agacerait très rapidement. Et en quoi elle avait raison ? Je n'étais pas un animal, certes ce n'était pas ce qu'il y a de plus conventionnel mais c'était largement habitable. Enfin aller faire comprendre ça à quelqu'un qui est né avec une cuillère d'argent dans la bouche.

L'odeur imprégné dans le tissus lui fit plisser le nez. Mon odeur était-elle si désagréable que ça ? Ou l'idée que ça soit la mienne peut-être plus. Pourtant la pauvre n'aurait pas fini de la sentir, elle devrait bien s'y habituer ou bien elle finirait par en être écœurée. Mais son cœur reprit le rythme effréné qui semblait marquer irrémédiablement nos rencontre. Pouvais-je réellement créer la peur chez-elle seulement à cause de mon odeur ? C'était plutôt inédit pour moi mais pas désagréable comme sentiment, cette infime pouvoir que je pouvais avoir sur elle. « T'as fait quoi avec pour que mon odeur disparaisse pour être remplacée par la tienne ? » Une légère moue tordit ses lèvres tandis que je haussais un sourcil à sa question. Qu'est ce qu'elle s'imaginait au juste ? Non, je ne m'étais pas abaissé à dormir avec ou à je ne sais quel pratique qui aurait pu témoigner de mon attachement pour elle. Tout ce que j'avais pu en faire c'est la garder dans ma poche et peu à peu mon odeur s'y était accroché. « Je l'ai gardé dans une poche jusqu'à aujourd'hui. Tu veux que j'en fasse quoi d'autre de toute façon ? » « A moins que tu l'ais gardé pour pouvoir faire un échange ce soir ? » Un grognement agacé s'éleva du fond de ma gorge. Cette gamine rêvait les yeux ouverts, contrairement à ce qu'elle semblait croire, sa présence et son odeur m'étaient tout aussi désagréable ou peut être un peu moins que pour elle, mais tout ça je le subissais. Comme une menace à peine masquée, une de mes griffe s'allongea et avec un air innocent, je commençait à gratter le ciment au sol, gravant des symboles aléatoires à l'intérieur. « Je t'en supplie, épargne moi ça. Tu devrais pouvoir te tenir une nuit toutes les deux semaines, non ? » Je lui fis un sourire mauvais et dégoûté. Forcément après l'avoir suivi presque chaque nuit pendant deux semaines, j'avais pu prendre conscience que la belle n'était pas du genre à se contenter d'un homme. Prenant un air faussement intéressé je me penchais de nouveau en avant, fixant mon regard au sien. « Par simple curiosité... Tu n'as pas peur de blesser un humain en couchant avec ? Jamais de coup de crocs involontaire ou de côte cassées sans le vouloir ? » Merde, rien que de penser à ça, ça me dégoûtait. Secouant la tête pour oublier cette idée je m'appuyais de nouveau contre le mur, levant les yeux vers le plafond dépité par ma propre attitude. Coincé à parler de sa sexualité, merde, j'étais tombé bien bas.

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Radioactive

Le haïr était un maigre mot, une maigre vérité quand je l'écoutais me dire combien il connaissait l'anatomie des humains, en le regardant se pencher dans cette détestable imitation de moi-même. Je sentais cette envie de le tuer pour cette arrogance d'être un vulgaire assassin qui avait tenté de s'en prendre à moi et le regrettait amèrement à présent, d'être ce répugnant assassin qui s'en prendrait à mon entourage pour me punir de ce désir sournois si je venais à tenter de le mettre à exécution. Qu'il crève, qu'il disparaisse ! Si le dégoût vint étirer légèrement mes lèvres d'un léger voile brumeux, la colère brûla dans mon regard avec acidité tandis que je ne le perdais pas des yeux. Qu'il ait pu apprendre sur des cadavres je l'acceptais bel et bien parce que j'avais appris ainsi. Sur des cadavres ! Mais quelque chose me disait qu'ils ne devaient pas être aussi morts qu'ils auraient dû l'être pour ne pas souffrir, tant il semblait se complaire dans le plaisir de voir les autres souffrir d'une manière ou d'une autre. Ses paroles précédentes concernant ma propre descente dans la folie le confirmait... Il n'était qu'un monstre abjecte qui me donnait la nausée ! A tel point qu'il me faisait dire des horreurs sans que je n'en saisisse à proprement parler toute la portée. Il me faisait réagir avec égoïsme alors que je sauvais des vies. Il me faisait dénigrer ma profession en quelques mots destinés pourtant à le convaincre qu'il fallait bien que des êtres s'attachent à sauver l'humanité. Il m'agaçait. Il m'énervait. Il était tel un insecte qui s'insinuait sur vous jusqu'à vous contaminer de ses maladies. « Les humains sont comme les rats, ils se reproduisent tellement vite qu'on aurait bien du mal à les faire disparaître. » osa-t-il affirmer, tandis que mes paroles précédentes n'avaient fait que l'amener justement à cette hérésie. Néanmoins, mes mots n'étaient pas si sombres ou si calculateurs que j'essayais de le lui faire penser. Non... il était possible de se nourrir à même des poches de sang pour justement les préserver d'autant plus. Pourquoi ne pas penser justement que l'on puisse coexister, qu'est-ce qui bloquait dans l'esprit de vampires tels que lui ? « Si tout le monde se conduisait comme tu le fais, ils mourraient plus vite qu'ils ne se reproduisent comme tu dis. » Mais déjà il soupirait, s'adossant à nouveau contre le mur, peut-être lassé de tenter de me convaincre d'une chose avec laquelle, jamais, je ne pourrais être d'accord. Le meurtre... ce n'était pas moi. Et pourtant... pourtant, c'était bel et bien l'envie d'avoir les mains pleine de son sang que je sentais vrombir sous mes propres veines, enhardir la course assassine de mon cœur.

Tandis que je me permettais une ironie joueuse en oubliant sa propre attaque concernant ma manière de vivre. Provoquant dans la seconde un regard noir qu'il dirigea dans ma direction... et l'obscurité pour seul témoin, j'étais certaine que s'il avait pu m'étouffer à cette seconde, il l'aurait fait. Ce qui ne fit qu'élargir le sourire moqueur qui fardait mes traits plus encore. Du moins jusqu'à ce que je reçoive ce vêtement que je lui avais lancé cette autre nuit lors d'une autre taquinerie peut-être un peu trop ironique en un sens, car je n'avais jamais pensé qu'il puisse le conserver d'une manière ou d'une autre au point que son odeur imprègne entièrement le tissu. Cette fragrance si particulière que j'avais apprise à reconnaître en si peu de temps que cela m'en rendait malade, que cela faisait cavaler ce palpitant frémissant dans ma poitrine comme sous l'écho taciturne d'une chasse que je ne parvenais à endormir pleinement. A croire qu'il ne se trouvait pas dans cette pièce auparavant, tant ma réaction m'apparaissait presque disproportionnée. Mais c'était cette proximité, cette impression de m'envelopper du parfum du vampire comme d'une capeline par la simple présence de ce tissu qui persistait entre mes doigts, alors que mes lèvres posaient cette question qui les brûlait. « Je l'ai gardé dans une poche jusqu'à aujourd'hui. Tu veux que j'en fasse quoi d'autre de toute façon ? » m'expliqua-t-il finalement simplement... mais devais-je le croire ? Mais il avait sincèrement paru surpris à ma question... néanmoins la confiance était toujours absente de nos échanges. Les armes dans mon sac le juraient, le criaient, le hurlaient aux ténèbres qui nous enveloppaient, tout autant que ma réaction le serait s'il cherchait à combler d'une manière ou d'une autre la distance qui nous séparait sans une raison plus que valable. Et aucune de celles qui auraient pu effleurer mon âme ne me semblaient justement... valable.

Mais ce qui me surprenait réellement était le fait que même s'il me disait la vérité, il l'ait gardé si longtemps dans sa poche, à croire qu'il avait été incapable de s'en séparer. Flippant ? Oui, ça l'était. Incroyable au fond qu'il ait tenu à le conserver d'une manière ou d'une autre et je ne pouvais comprendre qu'il ait ce désir quand moi-même j'aspirais à me débarrasser de ce vêtement. Mais pas ici. Et déjà mes lèvres revenaient s'étirer d'un sourire moqueur, l'ironie fardant mes mots, le jeu adoucissant sensiblement mon sort d'autant plus qu'il avait semblé plutôt mal à l'aise la première fois. D'autant plus que cela eut précisément l'effet de l'agacer, un grognement venant dévoiler ce point précis qui ne fit qu'élargir mon si précieux sourire. Tandis que mon regard se plissait néanmoins sous la vision de cette griffe que je vis s'allonger, mes doigts se crispant sur le tissu que je tenais toujours entre mes doigts... Comme une sourde menace, son odeur réveillait ma méfiance avec une opiniâtreté redoutable. Il avait beau se trouver à l'autre bout de la pièce, je n'en étais pas plus rassurée pour autant alors qu'il se plaisait à griffer le sol. « Je t'en supplie, épargne moi ça. Tu devrais pouvoir te tenir une nuit toutes les deux semaines, non ? » Que voulait-il dire exactement par là ? Le dégoût sur ses lèvres, la méchanceté qui s'y partageait le règne vulgaire et débraillé... C'était comme pleinement réaliser qu'il m'avait réellement suivie, qu'il ne s'était pas contenté de venir jusque chez moi, mais qu'il avait bel et bien rôdé, que rien, absolument RIEN n'avait été un effet de mon imagination ou de ma paranoïa. L'envers pervers de ce lien détesté me brûlait l'esprit, irradiait ma rétine à l'idée de ce qu'il avait pu voir... supposé... Je n'étais pas une traînée non plus, ce n'était parfois qu'un jeu sans suite. Mais en deux semaines, ce n'était très certainement pas de la stabilité sentimentale dont il avait pu être témoin et il me le renvoyait en pleine figure. Mais en quoi aurais-je dû avoir honte ? Il n'était rien. Rien qu'un problème dans mon existence. Un être que je détestais et qui me rendait malade à l'idée qu'il ait pu... oui, c'était bien plus cela que je regrettais. Cela qui me rendait malade.

« Par simple curiosité... Tu n'as pas peur de blesser un humain en couchant avec ? Jamais de coup de crocs involontaire ou de côte cassées sans le vouloir ? » osa-t-il insister encore, avant de lever les yeux en direction du plafond après avoir secoué son visage comme... écœuré par sa propre attitude ? « Simple curiosité ?! » demandais-je d'une voix un peu trop agressive pour ne pas trahir la colère dissimulant cette peur de savoir qu'il avait pu pénétrer mon existence d'une manière si intime. « Tu te fous de moi ? Qu'est-ce que ça peut te faire ce que je fais de ma vie privée ! » l'invectivais-je, et non, ce n'était pas une question, malgré la forme de ma phrase. « T'as fait quoi d'autres ? T'as regardé ? C'est MA vie, t'as rien à y foutre ! Rien du tout tu m'as comprise ? » dis-je en lançant le livre qui trônait encore sur mes genoux dans sa direction avec toute la force dont j'étais capable. Mais nous étions trop éloigné pour qu'une seconde d’inattention ne lui permette pas de saisir l'objet en plein vol. Déjà, sans plus attendre, je m'étais relevée, agacée, énervée, mal à l'aise, noyée sous la sensation qu'il était bien trop proche de moi, à tel point que j'avais besoin d'air et que celui si rance des lieux me rendait plus nauséeuse encore. « Pour que tu dormes moins con, je n'ai pas de crocs ! Alors va donc sauter tes petites copines et fous-moi la paix ! » dis-je en prenant la direction de la porte, sur la poignée de laquelle mes doigts se crispèrent, avant de brutalement la faire claquer, bien trop consciente que je ne pouvais tout simplement pas partir aussi simplement que je l'aurais voulu. Mon front vint alors s'accoler au métal, alors que je ne cessais de lui tourner le dos. « C'est ça que t'appelle être poli ? Alors pourquoi j'ai juste envie de t'arracher la gorge, hein ? » lui demandais-je avec rancune, les poings serrés, l'un d'eux sur le tissu honni, le souffle sourd et saccadé... Sentir son sang froid se répandre sur mes traits... Je n'avais jamais été si consciente de la nature sauvage et venimeuse de la créature qui m'avait enfantée. Jamais... « Pourquoi j'ai juste envie de partir et de te laisser dans ta merde ? » L'ironie perlait sur mon timbre désabusé, alors que je basculais contre la porte de sorte à me retrouver dos au mur qui la côtoyait, mon regard revenant chercher le vampire comme par habitude sous la brûlure de la haine et de la colère qu'il faisait brûler au fond de moi.


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Ce lien était sérieusement malsain, le seul plaisir qu'on pouvait tirer l'un de l'autre c'était de se faire souffrir mutuellement. Un jeu macabre dont les règles étaient pourtant simple, briser l'autre, le détruire doucement jusqu'à ce que les nerfs lâchent. Deux animaux enfermés ensemble et condamné à se battre. Même si elle se prenait pour la plus civilisée des deux, la colère et la haine transformaient n'importe quelle personne censée en monstre. Après tout j'en étais la parfaite illustration. Mais la haine qu'elle me portait surpassait sûrement la mienne. J'éprouvais du dégoût peut être, pour tout ce qu'elle représentait et son mode de vie mais je n'avais pas de raison particulière de la haïr. Mes questions sur sa vie sexuelle avaient parfaitement marché dans cette guerre de patience, et doucement l'idée que j'avais pu assister à tout ça faisait monter sa rage. Si elle savait à quel point je n'en avais rien à faire de sa sexualité, dès qu'elle avait raccompagné ses partenaires jusqu'à chez eux, j'avais mis fin à mes poursuites préférant aller chasser ou encore rentrer que d'assister à ça. Ma condition de voyeur me dégoûtait bien assez de moi-même pour que je m'inflige en plus ce genre de spectacle. « Simple curiosité ?! » L'agressivité avait remplacé son petit air fier et même si il me déplaisait de devoir parler de ça, le plaisir de voir disparaître son petit sourire valait largement le sacrifice. « Tu te fous de moi ? Qu'est-ce que ça peut te faire ce que je fais de ma vie privée ! » Bien sûr que je me foutais d'elle, j'en avais bel et bien rien à faire de sa vie privée. Quoi que non, pas toute sa vie privée mais cette partie là ne me serait d'aucune utilité mise à part la mettre en rogne. « T'as fait quoi d'autres ? T'as regardé ? C'est MA vie, t'as rien à y foutre ! Rien du tout tu m'as comprise ? » Visiblement l'idée que j'avais pu regarder lui faisait horreur, et l'espace d'une seconde j'étais plutôt tenté de l'encourager à le penser rien que pour l'énerver d'avantage mais ma fierté, ou du moins ce qu'il en restait, me rappela à l'ordre et je me contentais de sourire franchement amusé. « Pourtant j'y suis dans ta vie. Que tu le veuilles ou non. »

Son livre voltigea à travers la pièce, et même si elle avait très bien visé, je rattrapais l'objet avant qu'il ne m'atteigne en pleine figure. Mon sourire se figea un peu lorsqu'elle se releva. Comptait-elle venir finir ce que le livre n'avait pu faire ? Ou comptait-elle s'en aller ? Des deux propositions, j'étais bien incapable de savoir laquelle m'effrayait le plus. On avait convenu d'une nuit toutes les deux semaines, pas une heure ! « Pour que tu dormes moins con, je n'ai pas de crocs ! Alors va donc sauter tes petites copines et fous-moi la paix ! » Bordel, mais j'en avais rien à foutre moi qu'elle n'avait pas de crocs ou de mes pseudos petites copines, elle me devait cette rencontre. Je voulais bien rester à l'écart d'elle en dehors de ces rendez-vous mais il fallait qu'elle m'accorde au moins de quoi tenir. Je n'allais quand même pas m'abaisser à la retenir, de toute façon elle aurait ressorti un pieu au moindre pas que j'aurais fait vers elle. « Désolé ! » Est ce que je venais de dire ça à haute voix ? Quoi ? Non mais bien sûr que non je suis pas désolé ! C'est moi qui l'ai cherché, je vais pas m'excuser. Jamais je ne m'excuse, tout ce que je fais, je l'assume. Putain de lien, ça devait venir de là. Enragé contre moi-même, je serrais des dents et baissais les yeux pour ne plus la voir. Qu'elle se barre, j'en avais rien à faire. Mais elle s'arrêta devant la porte, visiblement consciente qu'elle était coincé ici avec moi. « C'est ça que t'appelle être poli ? Alors pourquoi j'ai juste envie de t'arracher la gorge, hein ? » Question stupide, je jetais un coup d’œil vers elle et j'avais le sentiment désagréable de revivre le même moment de sincérité écœurante qu'on avait eu la dernière fois avant que je m'en aille. « Pourquoi j'ai juste envie de partir et de te laisser dans ta merde ? » Elle se tournait de nouveau, fixant son regard sur moi mais je préférais détourner le regard que supporter ça. « Parce que j'ai voulu te tuer, parce que je déteste les humains, parce que je t'ai suivi pendant deux semaines, parce que je représente sûrement tout ce qu'on t'a appris à haïr au sein de la Camarilla. C'est pas les raisons qui manquent mais voilà... T'es coincée avec moi et tu veux me le faire payer. Enfin je te blâme pas... C'est réciproque. » Je commençais à croire que même avec tout ça, on réussirait jamais à retrouver notre vie d'avant et qu'on finirait forcément barges tout les deux à force de se côtoyer. Me relevant à mon tour, je m'approchais d'elle en essayant d'avoir l'air le moins menaçant possible. Sans m'approcher plus que nécessaire, je lui tendais son livre pour le lui rendre. « Si ça peut te rassurer, je t'ai jamais observé dans cette partie de ta vie privée. Je t'ai même très rarement observé, ton odeur et ta présence me suffisaient très amplement. » Comme pour éviter de me prendre un coup ou autre, je faisais demi-tour pour retourner m'asseoir à ma place. « Quelles précautions tu prends quand tu viens me voir ? Un livre puisque je suis ennuyeux à mourir, un pieu puisque c'est vrai que je suis extrêmement dangereux... surtout pour toi. Et y a quoi d'autre dans ton sac ? » Demandais-je avec ironie mais en essayant de rester poli. Engager une conversation sans chercher à la provoquer, ce serait difficile mais si ça pouvait lui éviter de se barrer dès maintenant. Voilà que j'étais obliger de m'adoucir face à quelqu'un qui ne pensait qu'à m'agacer et m'énerver, une gamine de la Camarilla... Gus me tuerait pour moins que ça.

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Radioactive

Que je le veuille ou... ! Qu'il ravale son maudit sourire et disparaisse de ma vue ! C'était d'ailleurs mes propres pas qui tentaient de m'entraîner loin de lui sans même le regarder, l'observer, indifférente à ce qu'il pouvait bien penser de la direction que je prenais à présent, sans même m'interroger sur l'endroit où avait pu finir mon livre que je me moquais de récupérer un jour. J'aurais tout simplement voulu sortir avant d'étouffer dans cette boîte à sardine brusquement trop étroite sous la fragrance de son être et la mienne. L'odeur musquée me rendait presque nauséeuse à se noyer sous la putréfaction des déjections des rongeurs, ou peut-être même à la surpasser à un point tel que je ressentais le besoin de quitter cet endroit, d'aspirer une goulée d'air pure et de mettre autant de distance que je le pouvais entre lui et moi. D'autres mots s'évadèrent de mes lèvres, destinés à clore cet interlude contre-nature qui n'aurait jamais dû voir le jour en vérité. Qu'est-ce qui m'avait donné l'idée de penser que nous parviendrions à nous supporter ? Que je parviendrais à rester en présence de ce monstre ? « Désolé ! » fit-il claquer dans l'air, troublant le silence que seuls mes pas et les rongeurs troublaient encore alors que je n'avais plus l'intention d'ouvrir les lèvres. Craignait-il à ce point que je puisse... que je puisse... l'envie n'était pas ce qui me retenait, mes doigts crispés sur cette maudite poignée. Le responsable n'était pas non plus cette excuse tombée du ciel comme une goutte d'eau inespérée en plein désert aride et brûlant. Non, si la porte claqua et que mon front rechercha la fraicheur du métal contre ma peau, c'était parce que j'étais piégée, telle une petite souris prise au piège dans une cage trop étroite et où la sortie signifiait n'atteindre que le mirage d'un fromage englué dans un piège plus dangereux encore. La colère, la frustration, la rancune... tout brûlait, ruisselait, dévalait le refuge de mes veines à la vitesse d'une lave incandescente prête à s'enflammer au moins papier venant s'y déposer sous toute l'infortune de cet instant. Mes doigts crispés sur le tissu, mes ongles s'enfonçant dans la peau de ma paume sans la percer néanmoins, c'était l'envie de le rejoindre pour tenter de lui arracher la gorge pour le faire taire que je brimais ainsi en cherchant à me raccrocher à cette fraicheur illusoire. Ce besoin malsain qui assourdissait mon souffle, cette noirceur maladive qui n'avait jamais tant affleuré la surface de mon être qu'en cet instant, en sa présence. Partir serait la meilleure des solutions mais je ne pouvais pas la satisfaire, tandis que je m'accolais dos à ce nouveau mur qui n'était pas si différent du précédent, alors que je cherchais à le regarder tout en exprimant la force du tumulte qui gravitait, tournoyait dans mes entrailles et mon âme. Lui, détourna le regard comme incapable de soutenir cette incandescence aussi brutale que brulante qui m’irradiait. « Parce que j'ai voulu te tuer, parce que je déteste les humains, parce que je t'ai suivi pendant deux semaines, parce que je représente sûrement tout ce qu'on t'a appris à haïr au sein de la Camarilla. C'est pas les raisons qui manquent mais voilà... T'es coincée avec moi et tu veux me le faire payer. Enfin je te blâme pas... C'est réciproque. » commença-t-il, ne faisant que formuler de vive voix ce que nous savions tous les deux ; il était le monstre que je n'aurais jamais dû laisser m'approcher sous aucun prétexte. Le démon redoutable qui se glissait entre tes draps la nuit pour t'égorger dans ton sommeil, ne réalisant sa présence que lorsqu'il était déjà beaucoup trop tard. Et je le haïssais avec toute la force qui faisait battre mon cœur, peut-être également parce qu'il me faisait peur. Une crainte sourde et dévorante qui dévorait mon être aussi sournoisement que possible et me poussait à le rejeter de toute mes forces.

Un coup. Deux coups. Trois coups. Les mouvements saccadés du tambour palpitant dans ma poitrine s'accentuèrent lorsque je le vis se relever de sa place pour s'approcher dans ma direction. Mais il agissait comme s'il craignait de me voir attaquer ou me retrancher dans un autre lieu que celui-ci, à l'image d'un animal acculé dans un coin de la pièce et qui se méfiait du prédateur qui s'avançait au point d'avoir un geste désespéré si jamais celui-ci faisait mine d'agir d'une manière provocante. Peut-être comprenait-il à quel point je m'égarais dans mes propres sensations, peut-être avait-il saisi que si je n'avais pas eu cette lueur à temps, j'aurais fichu le camp d'ici sans l'ombre d'un remord. Mais ce ne fut que mon livre qu'il tendit dans ma direction alors que je scrutais l'homme plutôt que le geste avec une méfiance fardée de l’ouragan qui saccageait chaque parcelle de douceur au fond de moi. Sans le perdre des yeux, je laissais ma main venir s'emparer de l'ouvrage en prenant bien garde de ne pas l'effleurer un seul instant, comme si son contact aurait pu me brûler. « Si ça peut te rassurer, je t'ai jamais observé dans cette partie de ta vie privée. Je t'ai même très rarement observé, ton odeur et ta présence me suffisaient très amplement. » se justifia-t-il finalement en précisant que ses paroles n'avaient sans doute été destinées qu'à m'agacer, à me faire réagir... peut-être ne s'attendait-il tout simplement pas à ce que je puisse réagir avec tant de véhémence. D'ailleurs, déjà repartait-il à sa place, rejoindre ce mur qu'il venait de quitter alors que je ne faisais pas l'ombre d'un mouvement semblant prouver que j'allais retrouver ma place d'autrefois, que j'allais tout simplement revenir m'asseoir... Mais j'étais témoin des efforts qu'il faisait pour tenter de me faire rester, d'adoucir la situation, cherchant à la rendre plus supportable pour m'empêcher de définitivement tirer cette porte tant il m'aurait fait perdre tout repère, toute capacité à entrevoir les conséquences d'une telle réaction. Peut-être également prenait-il conscience de l'étrange venelle que je venais d'emprunter avec pour seul repère mes instincts les plus profonds, les plus primales qui palpitaient au fond de mon être sous le vrombissement de mon cœur, sous l'assassin cercle vicieux que poursuivaient désespérément mes veines.

Tandis que je restais obstinément silencieuse aux paroles qu'il venait de prononcer. J'étais rassurée... en partie, mais je disséquais ses paroles à la manière du chirurgien que j'étais déjà malgré que je n'en possède pas encore le diplôme final pour pleinement certifier de mes capacités. Je percevais qu'il avait observé autre chose, je comprenais qu'à la manière d'un drogué, c'était autre chose néanmoins qu'il avait recherché à mon contact, ces errances trop primales pour ne pas se rapprocher de l'animal qui croupissait au fond de lui et dont je venais de sentir la présence au fond de mon être en cet instant, sous ce besoin de sacrifier son sang au plancher solide de cet endroit, à nourrir les animaux qui peut-être n'oseraient pas y toucher, bien trop conscient de quelle sorte de prédateur il s'agissait. Réfléchir m'aidait à calmer ces ténèbres au fond de moi. Penser me permettait de calmer ma colère. Ses mots semblaient vouloir effleurer ma chevelure telle une main trop douce pour être honnête, mais cela restait une caresse pour éviter de me faire fuir. « Quelles précautions tu prends quand tu viens me voir ? Un livre puisque je suis ennuyeux à mourir, un pieu puisque c'est vrai que je suis extrêmement dangereux... surtout pour toi. Et y a quoi d'autre dans ton sac ? » ajouta-t-il avec ironie, mais en veillant à ne plus me braquer cependant. Un léger soupir agacé frôla mes lèvres tandis que je détournais le regard, profitant de cet interlude pour glisser l'ouvrage au fond de mon sac avant de ressentir l'envie de m'en servir une nouvelle fois comme d'une munition. Mais peut-être que la situation finirait par se désamorcer d'elle-même... Je rêvais toute éveillée, comme j'avais l'espoir fou de parvenir un jour à me débarrasser de lui et de tout ce qu'il pouvait m'inspirer dans une même seconde.

Je pris encore le temps de trouver des mots qui ne nous relanceraient pas dans un affrontement sans fin, tout simplement parce que je n'avais plus envie de faire d'efforts malgré ses excuses, malgré qu'il en fasse lui-même. Mais je n'allais tout de même pas laisser un vampire tel que lui me donner une leçon de civilité. « Parce que tu crois que je vais te dévoiler toutes mes cartes ? » demandais-je finalement, une ironie presque mesquine s'évadant de mes lèvres alors que j'inclinais très légèrement mon visage sur le côté, mon poing toujours serré sur le tissu portant à présent son odeur véritablement trop familière. Puis, laissant mon sac tomber au sol alors qu'il se moquait du fait qu'il ne pouvait pas s'en prendre directement à moi, je me plaçais à côté pour en sortir la poche de sang que je fis glisser dans le verre que j'avais apporté, le piquant d'une paille que je portais à mes lèvres pour aspirer une gorgée du précieux liquide dont il pouvait sentir l'odeur âcre et ferreuse à travers la pièce. Délicat petit plaisir que je m'octroyais alors que lui ne pouvait pas chasser. A la manière d'une gamine trop rancunière, je lui adressais un regard appuyé tandis que je me pourléchais les lèvres... peut-être avec un peu trop de plaisir pour ne pas prouver que je ressentais parfois, moi aussi, le besoin brûlant de m'abreuver de ce fluide si particulier que je ne prendrais jamais à la source parce que cela me répugnait, autant dans le fait de devoir mordre au-delà du supportable, qu'en traçant un sillon à l'aide d'une lame, ou bien encore de simplement aspirer à même une veine. Sensation bien trop... l'instant où il s'était abreuvé à même ma chair revenait effleurer mon esprit, alors que je me détachais finalement du mur où je me trouvais, aspirant quelques nouvelles gorgées de sang tandis que je traversais la salle, l'anse de mon sac au bout de mon autre main, à l'intérieur duquel j'avais préalablement laissé tomber le tissu dont il faudrait que je me débarrasse plus tard. « Je n'ai pas confiance en toi et je n'aurai sûrement jamais confiance en toi.  » dis-je en m'étonnant moi-même du calme avec lequel je parvenais à le lui dire, comme si j'étais parfaitement maîtresse de moi-même, alors que ce n'était qu'une façade, un mensonge, je n'étais pas calmée et mon cœur lui-même ne faisait que trahir ce détail, preuve qu'une étincelle pourrait tout faire exploser par la suite. Néanmoins, ce fut d'un geste volontaire que je laissais mon sac retomber doucement sur le sol à mes pieds, lâchant la anse, me retrouvant finalement désarmée face à lui, même si je savais précisément combien de temps il me faudrait pour m'emparer de la seringue ou du pieu. Cependant, s'il fallait faire des efforts de civisme, je serais celle qui en serait capable et je me méfiais de mes propres réactions alors que l'envie de le tuer était encore là, palpable sous ma peau, me brûlant de l'intérieur. « Je ne te comprends pas et je ne te comprendrai jamais, mais plutôt que d'avoir l'air idiot à ne pas connaître quelque chose, tu goûterais ? » demandais-je finalement en désignant d'un simple mouvement de tête le verre que je tenais à la main.


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Lazare Falkenbach
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Tout ça était ridicule. Malgré tout mes efforts pour paraître plus courtois et lui prouver que de toute manière, même si je voulais la tuer j'en serais incapable, elle restait toujours aussi craintive. Est-ce qu'elle s'attendait sérieusement à ce que je baisse ma garde et me montre soumis pour arrêter de me voir comme le grand méchant loup qui avait tenté de la croquer dans les bois ? Ce n'était pas dans ma nature et elle pourrait toujours me nourrir chaque jour de son sang que ça ne ferait pas de moi un mouton docile et stupide. La peur et la crainte qui transpirait de sa posture et son regard auraient pu me procurer un immense plaisir si ça ne l'avait pas rendu aussi tendu et prête à m'attaquer stupidement au moindre geste brusque. Comme si le chat voulait discuter avec une souris, tout ceci était contre-nature et ne marcherait jamais. Même quand je m'approchais pour lui rendre son livre, on aurait dit que c'était une agression qu'elle était entrain de subir. Presque plus parano qu'un humain... Cette nuit serait longue, très longue.

Mes quelques efforts pour relancer une conversation balayé par un soupire agacé. À croire qu'elle préférait nos bagarres verbales qui au moins lui arrachait quelques maigres sourires quand elle prenait le dessus. « Parce que tu crois que je vais te dévoiler toutes mes cartes ? » Je roulais des yeux dépité. Si tout ce passait comme je le prévoyais, elle n'aurait pas à utiliser l'arsenal qu'elle devait planquer dans son sac, enfin à ce train là je n'étais pas sûr et certain de tenir toute la soirée sans l'attaquer. Quittes à avoir l'air d'un animal effrayé autant qu'il y ai une raison. « Je viens bien les mains vides moi... » Ou presque, je ne pouvais pas laisser mes griffes et mes crocs au bunker avant de venir et sûrement que je ne l'aurais pas fait. Alors qu'elle commençait à farfouiller dans son sac, je l'observais silencieusement. Est ce que finalement elle allait me dire ce qu'il y avait là dedans ? Ou peut être qu'elle cherchait une arme pour se débarrasser de moi... Mais elle n'en sorti qu'une poche de sang. Ne cachant pas ma mine dégoûté face à son petit casse-croûte, je ne ratais pourtant rien de son petit rituel pour se nourrir. L'odeur alléchante emplissait la pièce mais le fait de savoir que ça ne venait que de ce pauvre petit pochon de plastique me refroidissait instantanément. C'était tellement humain que le sang aurait parfaitement pu être remplacé par un café, on frôlait le degré 0 de notre nature de vampire. Certains humains un peu dérangés et qui se prenait pour des enfants du diable était plus proche du vampirisme que ça. Avec un air presque fier, elle avala quelques gorgées de sang et alla jusqu'à passer le bout de sa langue sur ses lèvres en me regardant avec insistance. Mais moi, ça me laissait perplexe. Le geste aurait pu s'avérer sexy si il y avait eu un humain agonisant à ses pieds mais là... rien. En plus j'avais chassé avant de venir donc, ma soif était très largement assouvie.

Se détachant de son mur, elle commença a marcher à travers la pièce en traînant son sac avec elle et moi sans en être effrayé pour autant, je la surveillais du coin de l’œil. « Je n'ai pas confiance en toi et je n'aurai sûrement jamais confiance en toi.  » C'était un don chez elle d'enfoncer des portes ouvertes. Comme si elle avait besoin de le préciser pour que je le devine. « Je crois que je m'en remettrais... » Au moins en attendant elle avait l'air plus calme et je n'avais pas à être constamment sur le qui-vive. Même si son cœur battait toujours à tout rompre, peut être qu'à force de jouer la fille difficilement impressionnable et sûr d'elle, elle finirait par le devenir. Sa main lâcha la prise qu'elle avait sur son sac et le laissa là, par terre. Elle était sans défense, vulnérable et contrairement à ce que j'aurais pu penser, l'idée que maintenant je pourrais m'attaquer à elle ne présenta que peu d'intérêt à mes yeux. Même si elle prétendait ne pas me faire confiance, le fait qu'elle se sépare de ses armes face à moi prouvait le contraire. Un sourire manqua de m'échapper mais je le ravalais immédiatement me demandant à quoi rimait tout ça. « Je ne te comprends pas et je ne te comprendrai jamais, mais plutôt que d'avoir l'air idiot à ne pas connaître quelque chose, tu goûterais ? » Je soupirais face à sa proposition que j'aurais pourtant dû voir arriver à mille kilomètres. Bon au moins ce n'était pas du sang de mort puisqu'elle en avait bu... Si elle en avait bu. À travers sa paille opaque elle aurait bien pu se foutre de ma gueule depuis le début et me tendre un piège. Fixant son gobelet plutôt méfiant, je me mordis la lèvre un peu hésitant. Si je buvais là dedans c'est que d'une certaine manière je lui faisais confiance. Mais est ce que je lui faisais confiance ? Non, tout ce qu'elle voulait c'était me voir disparaître. Pourtant je haussais les épaules en reprenant de l'aplomb pour lui répondre. « Je suis pas contre les nouvelles expériences. » Me rangeant légèrement, je fis mine de lui faire une place à côté de moi. Si elle voulait que je prenne une gorgée dans son gobelet, il faudrait qu'elle vienne s'asseoir près de moi sans quoi elle pouvait toujours allé se faire voir. « Je ferais rien d'autre que boire dans ton machin... » Lui précisais-je, honnêtement, les yeux dans les yeux. Sa gorge ne présentait de toute façon plus d'intérêt. Attendant qu'elle vienne s'installer près de moi, je prenais son gobelet et retirais le couvercle opaque pour le sentir, plissant légèrement le nez malgré que mes crocs s'allongèrent presque de par eux-même face à l'odeur presque familière. « C'est tellement... Impersonnel. Il est tout froid... » Je vois même pas pourquoi je lui parlais de ça, elle n'avait sûrement jamais bu à la veine et ne connaissait rien de l'extase de sentir le sang chaud envahir sa bouche sous les pulsations régulière d'un cœur battant. Enfin j'avais promis de goûter… Hors de question que j'utilise la paille, trempant mes lèvres sur le bord du verre, je prenais une gorgée et ne pu réprimer une grimace de déception lui rendant rapidement sa dose de sang léchant le sang resté autour de ma lèvre supérieur et rétractant mes crocs bien inutiles pour cette fois. « Désolé de te l'annoncer mais tu viens de me réconforter dans l'idée que le sang frais est meilleur... » C'était comme essayer de comparer de la gastronomie et de l'industriel. Comme si sorti du corps, le sang perdait de sa saveur. « J'imagine que t'as jamais bu à la veine... Quoi que ta goule t'as jamais proposé ? Tu pourrais boire quelques gorgées et refermé sa plaie ensuite. Certains vampires se nourrissent de cette manière avec des humains consentants et en bonne santé. »

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Strangeness

Sa réplique sur le fait qu'il venait désarmé m'aurait bien fait rire jaune si j'avais seulement eu envie de rire et de l'envoyer une nouvelle fois se faire voir. En vérité, j'en avais l'envie, mais je tentais de faire de nouveaux efforts, ce n'était pas pour tout balayer d'un simple geste de la main aussi simplement. Aussi gardais-je le silence à ce sujet, ne lui lançant qu'un regard qui n'en disait pourtant pas moins. Il n'était jamais sans défense, son pouvoir lui offrait le tranchant placide dont j'avais connu l'aiguise morsure alors qu'il s'enfonçait dans ma chair. Jamais plus je ne commettrais l'erreur de le croire inoffensif, ce serait comme ouvrir la porte au loup ayant trempé sa patte dans de la farine pour pouvoir être jugé ainsi. Jamais plus je ne pourrais lui accorder ne serait-ce que l'ombre de ma confiance alors que je versais le contenu d'une poche de sang dans mon gobelet, appréciant la saveur... J'aimais le chauffer tel un café, mais rien ici ne me permettrait d'agir ainsi et cela ne ferait qu'accentuer la répugnance qu'il pouvait avoir pour ce qui se trouvait dans ce que je tenais à la main. Tandis que je chassais ses réflexions de mon esprit comme si je ne pouvais pas les percevoir. Je savais pertinemment qu'il savait, mais mes gestes tendraient à prouver le contraire et je ne voulais pas qu'il s'imagine qu'en agissant ainsi, je cherchais autre chose qu'à lui prouver que je ne comptais rien lui faire. D'ailleurs, j'avais commencé par boire le liquide carmin pour la même raison face à lui, laissant ma langue glisser sur mes lèvres pour lui affirmer que je venais réellement de me nourrir ainsi. Alors qu'à présent face à lui, je lui proposais finalement de goûter à la saveur de sang en poche, même si j'étais persuadée qu'il m'affirmerait que cela n'avait sans le moindre doute aucune comparaison avec la saveur du sang tiré à même la veine, mais il était sûrement meilleur que celui des animaux et restait un moyen on ne pouvait plus respectueux de s'abreuver, de se sustenter, tout en se mêlant au reste des humains.

Mais à mon image un peu plus tôt, il montra cette même méfiance, et je lui tendis mon gobelet d'une manière un peu plus évidente, comme si je le défiais de laisser ses lèvres se plonger ne serait-ce qu'une seconde au contact de la paille. « Je suis pas contre les nouvelles expériences. » me surprit-il en acceptant de toute évidence de goûter à ce que je lui proposais, chose que jamais je n'aurais osé faire de mon côté, à croire qu'il devait forcément penser que je ne l'avais pas dupé si facilement. Sauf que déjà je le voyais se décaler sous l'invitation évidente d'une proximité qu'il semblait désirer et qui s'avérait être la condition pour qu'il accepte. Mordillant ma lèvre, je le fixais attentivement, sans faire néanmoins l'ombre d'un geste dans sa direction. J'aurais déjà refusé si je n'étais pas celle qui était venue jusqu'à ce recoin de la pièce et je percevais l'intelligence de ses gestes, sans me brusquer, il profitais d'une main tendue pour me pousser à m'avancer encore. Peut-être aurais-je dû mettre ce sang de mort à l'intérieur... mais il l'aurait vu, bien entendu, et puis c'était pour le boire que je l'avais versé, non pour le gâcher. « Je ferais rien d'autre que boire dans ton machin... » précisa-t-il, très certainement conscient de l'hésitation qui brûlait à l'intérieur de mon être, et cette méfiance qui me retenait encore à franchir cette nouvelle distance qui s'il ne l'avait pas désiré, l'aurait poussé à tenter de me repousser une nouvelle fois. Il m'aurait rejetée par un nouveau subterfuge de son cru, alors qu'à cet instant, c'était tout le contraire qu'il semblait vouloir voir se produire. Je ne le comprenais pas, alors que la folie de mon cœur continuait à résonner, me laissant finalement expirer un soupir... qui me fit réaliser que je venais de retenir mon souffle sans réellement m'en rendre compte. Croiser ses prunelles ne me promettait rien de tangible, il pourrait très bien être le prédateur charmeur, mais à quoi bon attendre que je m'approche en ce cas, et peut-être...

Préférant ne pas trop réfléchir avant de changer d'avis, je vins m'asseoir à côté de lui, le laissant me bercer plus étroitement de la saveur de sa fragrance tandis qu'il prenait bel et bien mon gobelet, l'ouvrant pour en humer le parfum et constater combien la froideur rendait tout ceci... impersonnel ? C'était justement cela qui me semblait si bon dans cette façon de s'abreuver. Le fait de ne rendre aucun contact nécessaire pour s'abreuver, de ne pas associer un cœur battant et frémissant à un instant si primaire, même si c'était d'autres besoins que je comblais ainsi. Mais en vérité, je ne le perdais pas des yeux, comme touché du doigt par un ange tant la scène me paraissait irréelle à le voir mener à ses lèvres mon gobelet pour en découvrir la saveur. « Désolé de te l'annoncer mais tu viens de me réconforter dans l'idée que le sang frais est meilleur... » A l'écouter commenter comme si nous parlions gastronomie en plein milieu d'un restaurant alors que les ruines nous environnant ne pouvaient nous troubler sur la véracité de ce qui nous entourait, nos êtres si proches qu'ils auraient pu se toucher, s'effleurer, sans que cela ne semble surprenant. Je ne comprenais pas... pourquoi faisait-il cela ? Tenait-il tant que cela à passer du temps auprès de moi ou peut-être à me retenir si je faisais mine de vouloir à nouveau quitter les lieux fole de cette rage et de cette colère presque anesthésiées par cette vision improbable, alors que je refermais le gobelet pour aspirer une nouvelle gorgée de sang sans vraiment m'en rendre compte, mon front se plissant légèrement comme si je ne savais plus quoi dire, ou même plus simplement réagir face à son attitude. « Désolé de te l'annoncer mais tu viens de me réconforter dans l'idée que le sang frais est meilleur... » constata-t-il à propos de cette saveur, venant confirmer ce que j'avais imaginé préalablement, sans me surprendre, mais je l'étais déjà bien trop.

A vrai dire, je n'avais même jamais demandé à mon père s'il s'était un jour nourri de la même manière que Lazare, s'il avait été lui aussi à une période un monstre assoiffé de sang et de meurtre. Je ne l'avais, à vrai dire, jamais imaginé ainsi, ni même questionné en ce sens. Pourquoi l'aurais-je fait ? Pourquoi ? Parce qu'à cette seconde la curiosité venait perler dans un recoin de mon esprit, petite voix détestable que je me refusais à écouter tant l'idée... « J'imagine que t'as jamais bu à la veine... Quoi que ta goule t'as jamais proposé ? Tu pourrais boire quelques gorgées et refermé sa plaie ensuite. Certains vampires se nourrissent de cette manière avec des humains consentants et en bonne santé. » poursuivit-il comme si nous partagions une simple conversation, nos esprits s'entrelaçant sur le chemin qu'ils empruntaient, et j'étais si déstabilisée à vrai dire que je n'eus pas envie de lui reprocher ses questions. Après tout, il venait de faire un effort, il venait... « Non, jamais. Je n'ai jamais voulu essayer et personne ne m'y a jamais obligée. Ce serait tellement... » Mes lèvres marquèrent le dégoût de devoir agir ainsi, tout comme lui n'avait pas aimé, apprécié, la saveur du sang dont la saveur persistait encore sur ma langue comme si je m'étais coupée. Mais plutôt que de trouver l'adjectif précis qui conviendrait à cette phrase, frôlant l'insatisfaction, je poursuivis. « Il serait d'accord si je le lui proposais j'imagine, mais je n'ai pas envie de personnaliser ma nourriture. Mais... » dis-je en reprenant ses mots pour les adapter à ma propre phrase. Tandis que mon regard cherchait le sien, une nouvelle gorgée venant gravir la paille pour s'échouer sur ma langue, comme si je tentais de garder mes dernières interrogations au creux de ma langue. Vainement. « ... qu'est-ce que tu ressens quand tu bois ? Qu'est-ce que tu as ressentis quand tu as planté tes crocs dans ma gorge ? » demandais-je, laissant mon regard s'évader du sien, venir effleurer le contour de ses doigts, de ses mains, la force tranquille qu'elles expiaient, souvenir d'une vie humaine dont j'ignorais tout. Ce n'était qu'un murmure échoué dans le silence de la pièce, paroles étourdies et malsaine pour la Camarillaine que j'étais, parlant ainsi d'un sujet tabou et honni de ma propre volonté. C'était comme si je ne pouvais que savoir qu'il ne trahirait pas mes interrogations, ou peut-être que s'il le faisait, je pourrais les nier et remettre sa parole en doute sans la moindre difficulté. Je... ne voulais pas réfléchir à ce point.


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Contrairement à ce que j'avais pu penser, elle avait finalement eu le cran de venir s'asseoir à côté de moi. Pas sans une hésitation certes, mais si elle était venu jusqu'à moi pour me faire goûter ce sang aseptisé autant qu'elle aille jusqu'au bout et elle l'avait fait. L'expérience du gobelet ne se montra pas concluante, forcément, on ne pourrait sûrement jamais tenté d'échanger mes habitudes alimentaires contre ces verres de sang sinon je crois que mon humeur se dégraderait d'avantage et mes pulsions meurtrières n'en seraient que plus violentes muées par une soif inassouvie. Enfin c'est comme ça que Gus m'avait enseigné à me nourrir et jamais je n'avais remis ses paroles en doutes, ne répugnant pas à tuer des hommes que j'aurais de toute façon fini par tuer durant mon humanité, ceux là même qui avaient brisés tout espoir de rentrer un jour chez moi. Gus me l'avait expliqué, j'étais un monstre et si j'étais rentré pour retrouver Laura, elle m'aurait rejeté, j'étais différent et ma présence n'aurait fait que la mettre en danger. Pourquoi je pense à ça maintenant moi ? Revenant dans le présent et face à Dawn, cette femme auquel je m'étais lié accidentellement et que j'étais condamné à côtoyer malgré notre haine mutuel. Peut-être que la mort aurait été plus reposant finalement.

Solitude... Mouais, c'est bien le mot. Je me sentais très seul pour le coup à parler de ce que m'inspirait son gobelet alors qu'elle ne disait rien, se contentant de me fixer avec ses yeux de merlans fris. Était-ce si difficile à imaginer que je puisse tenir une conversation sans m'énerver ou devenir véhément ? Enfin pour tenir une conversation, il faudrait déjà qu'elle se mette à parler. Visiblement, ça ne lui viendrait pas à l'idée de défendre sa méthode devant toutes les critiques que j'en faisais. Preuve que le plastique c'était de la merde, même pour ceux qui l'avait adopté. Même ma remarque sur le fait que je préférais boire du sang frais... sur des humains... qui en mourraient... Rien. Bon à part si elle se foutait soudainement du sort des humains, ce qui m'aurait étonné, elle venait de perdre l'usage de la parole. Pourtant la peur n'avait rien avoir là dedans puisque les battements de son cœur s'étaient doucement apaisés. Finalement il aurait pas fallu grand chose pour qu'elle se retrouve un peu à confiance. On était parti de chacun de son côté de la pièce à se balancer tour à tour des horreurs chacun une arme à porté de mains et elle visiblement craintive rien qu'à percevoir mon odeur sur son haut à ça... L'un à côté de l'autre, elle sirotant tranquillement dans son verre avec ses armes un peu plus loin dans la pièce sans avoir le cœur qui bat à deux cents à l'heure. C'était le monde à l'envers.

Lui demandant cette fois ci si elle avait déjà bu à la veine, j'obtins ma première réponse et j'aurais presque pu en soupirer de soulagement tellement le silence me paraissait oppressant. « Non, jamais. Je n'ai jamais voulu essayer et personne ne m'y a jamais obligée. Ce serait tellement... » Elle grimaça légèrement visiblement rebuté à cette idée et même si je comprenais qu'elle ne soit pas emballé par l'idée de le faire, je voyais mal ce qui la rebutait tant. « Il serait d'accord si je le lui proposais j'imagine, mais je n'ai pas envie de personnaliser ma nourriture. Mais... » Pas avoir envie de personnaliser sa nourriture... « Plutôt original comme formulation... » Je retenais un léger rire qu'elle aurait pu mal prendre. J'avais l'impression d'entendre quelqu'un me sortir qu'il ne voulait pas partager ses relations sexuelles parce qu'il se débrouillait bien tout seul. J'aimais avoir ce contact avec mes proies, sentir leurs corps cessé doucement de se débattre pour finalement abandonner leurs vies entre mes mains. Enfin ce n'était pas la chose à dire pour la convaincre. Sa goule se ferait sûrement un plaisir de partager son sang avec elle, mais visiblement même si il s'agissait d'un partage consentant ça la rebutait de mettre un visage sur le sang qu'elle ingurgitait. Son regard retrouva le mien et elle bu quelques gorgées comme pour s'empêcher de dire quelque chose mais que j'encourageais dans un haussement de sourcil avec l'air de lui demander ce qui la turlupinait. « ... qu'est-ce que tu ressens quand tu bois ? Qu'est-ce que tu as ressentis quand tu as planté tes crocs dans ma gorge ? » Plutôt étonné par sa question, je restais indécis quelques secondes tandis qu'elle détournait les yeux. Lui dire ce que je moi j'avais ressenti alors que je lui arrachais la vie en buvant son sang, c'était un coup à ce qu'elle veuille de nouveau me planter un pieu dans la gorge. Mais après avoir inspiré profondément comme si j'allais devoir peser le poids de chaque mots pour éviter de déclarer une nouvelle guerre, je me lançais, pas très sûr de ce qu'elle pourrait entendre. « C'est un besoin la soif et... l'assouvir à la veine c'est vraiment différent de ton gobelet. Rien que le goût... Les poches de sang c'est comme si on nourrissait un humain aux yaourts. Y en a pour tout les goûts, certains que tu préfères à d'autres, mais c'est plat et complètement fade. Alors que sur quelqu'un c'est différent à chaque personne... C'est presque un partage, une communion entre deux personnes et tu peux plus t'arrêter tant que t'es pas repu. Enfin j'imagine que chaque vampire le ressent différemment. Un peu comme le sexe... j'imagine... » C'est une comparaison qu'elle devrait pouvoir comprendre j'imagine. Certains aimait ça, d'autres moins. Personnellement je n'avais pas ressenti ce besoin depuis ma transformation malgré que Gus m’ait prévenu que j'étais censé devenir insatiable lors de mes premières années... Mais on m'avait éduquer dans le respect des femmes et surtout des liens du mariage et j'avais jamais su passer le cap ayant l'impression de tromper celle que j'avais aimé, même après que celle ci soit morte. « Enfin je crois que ta goule sauterait au plafond si tu lui annonçais que tu voulais boire à sa veine. J'ai répondu à ta question ? » J'avais l'impression de jouer les baby-sitter avec un vampire nouveau né.

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Strangeness

Toujours aussi indifférente à ses petites réflexions, je préférais poursuivre mes pensées et tenter de noyer mes interrogations dans les gorgées de sang qui glissaient dans ma gorge avec une douce impression de m'abreuver d'une boisson sucrée et délicieuse pour un humain. Bien sûr, je n'avais aucune autre comparaison, et alors qu'il semblait m'enjoindre à poursuivre, ce fut une étrange interrogation qui s’exhala de mes lèvres. A tel point qu'il en resta indécis, venant même inspirer avant de me répondre finalement. « C'est un besoin la soif et... l'assouvir à la veine c'est vraiment différent de ton gobelet. Rien que le goût... Les poches de sang c'est comme si on nourrissait un humain aux yaourts. Y en a pour tout les goûts, certains que tu préfères à d'autres, mais c'est plat et complètement fade. Alors que sur quelqu'un c'est différent à chaque personne... C'est presque un partage, une communion entre deux personnes et tu peux plus t'arrêter tant que t'es pas repu. Enfin j'imagine que chaque vampire le ressent différemment. Un peu comme le sexe... » l'écoutais-je m'expliquer, tentant de mettre des sensations ou des images sur ce qu'il avançait, m'expliquait. Je pouvais comprendre dans l'idée, mais je ne souffrais pas tout simplement parce que je n'avais pas connu d'autres sensations avant ce sang, qu'il était le seul auquel je m'étais jamais abreuver. Hors, comment savoir que je buvais de la merde si je ne savais pas ce qui était délicieux, me laissant trouver la merde délicieuse. Sûrement étais-je plus près de la vérité avec cette très belle métaphore que jamais et je savais qu'il serait idiot de tenter autre chose pour ne plus être capable de boire ces poches de sang, d'en être malade, ou d'en venir à ressentir du désir pour le sang d'un malade. Non, ma décision était prise, en quelques mots, malgré la curiosité de savoir, de découvrir cette impression alors que je percevais les nuances du sexe. Mais tout était différent. Tout possédait une saveur parce que je n'étais moi-même pas la même avec chacun de mes partenaires, capables d'être celle qu'ils voulaient ou plus égoïstement celle que je désirais être. Malgré tout... «  j'imagine... Enfin je crois que ta goule sauterait au plafond si tu lui annonçais que tu voulais boire à sa veine. J'ai répondu à ta question ? »

« Tu imagines ? » répondis-je à sa dernière question, prouvant indubitablement que je m'étais interrompu sur ce détail étrange en ce qui concernait notre conversation et ses explications. S'il voulait comparer la sensation à du sexe, mais il ne semblait pas être un amateur ayant assez d'expérience pour en être totalement certaine. Même du haut de mes vingt-et-un ans, je commençais à supposer avoir plus d'expériences qu'il n'en aurait jamais et cela me confirmait que... « C'est pour cela que tu n'aimes pas les contacts. » étais-je en train de réfléchir de vive voix au souvenir de cette autre nuit où je l'avais effleuré par pure effronterie. En tout sincérité, avec n'importe quel autre être, j'imaginais que j'aurais déjà proposé mes lèvres pour un baiser, un effleurement tacite et délicat pour éveiller une nouvelle sensation. Tout comme j'aurais très bien pu lui faire remarquer que c'était une attitude très humaine... si j'avais néanmoins cherché à lui faire perdre son calme et à l'énerver. J'étais cependant bien plus apaisée qu'auparavant et je savais également qu'il pourrait se trouver tout un tas d'excuses justifiant sa manière d'être, comme une attirance plus qu'addictive pour la sensation de boire à la veine. Mais il ne pouvait comparer, s'il n'avait pas essayé. Réflexion qu'il pourrait parfaitement me renvoyer, d'un autre côté, je ne pouvais pas ne pas chercher à le lui dire. « Comment peux-tu faire une comparaison si tu n'es pas certain ? » l'interrogeais-je finalement comme pour lui signifier pleinement que son ignorance desservait ses paroles. Sans oublier que je ne parvenais à l'imaginer puceau. Allez savoir pourquoi ! Le prédateur ne m'était jamais apparu comme quelqu'un capable de se tenir véritablement présence d'une femme qu'il ne haïssait pas comme il pouvait le faire avec moi, tant la promiscuité de nos êtres une autre nuit et l'écho expié par ses lèvres ne portaient au doute. Non, ce n'était pas jusque-là, peut-être de la fidélité alors. « Et ce... n'était pas une communion, nous deux. » soufflais-je du bout des lèvres à ce souvenir qui s'il devait être comparé à du sexe, ne pouvait se rapprocher finalement qu'à une forme de viol et rien d'autres. D’ailleurs ce terme que je venais d'user pour nous qualifier ne me semblait pas juste. Pourquoi nous deux quand nous étions deux êtres qui ne pouvaient pas se supporter ? Deux êtres qui ne savaient qu'éveiller le dégoût de l'autre et sa haine ? Certes, l'instant était assez troublant pour me priver de termes plus adéquates, mais j'avais également conscience que demain se farderait d'une nouvelle tension jusqu'à cette prochaine nuit que nous devrions partager à nouveau.

A moins qu'il n'en ressente plus la nécessité, mais quelque chose me disait que je regretterais ces secondes, ces moments où nous partagions et où je baissais véritablement ma garde. « Si la similitude va aussi loin que tu le penses... Si à tes yeux... » Je me souvenais de son soupir. « T'es-tu déjà seulement abreuvé à la veine de quelqu'un le désirant ? T'es-tu seulement déjà inquiété de ce que ta proie pouvait ressentir ? » Mon cœur accentua ses battements alors que je trouvais une nouvelle noirceur à notre première rencontre, chose que je pensais tout simplement impossible. Et mue par une impulsion subite, je glissais mon regard sur le sien avec une obstination brûlante, tandis que je levais ma main nue dans sa direction, sans être certaine de l'effleurer d'une manière ou d'une autre. Trop de choses étaient en question, mais je voulais qu'il comprenne et la compréhension passait par l'exemple, qu'il ne soit que chimère ou vérité. « As-tu seulement déjà pensé quelle intrusion cela pouvait être alors que ton être rejetterait cette simple main si je venais à te toucher, n'est-ce pas ? » Mais je restais calme, silencieuse, loin d'être une menace à proprement parler puisque non, je n'avais pas envie de l'effleurer, non je ne voulais pas alourdir notre proximité. Secouant mes traits, laissant retomber ma main sur ma cuisse alors que je détournais les yeux. « Je ne veux pas pervertir le lien que j'ai avec lui par une autre histoire de sexe. » conclus-je finalement en parlant de Nathanaël. Si j'étais celle qui ne perdait pas la tête, alors je ne lui offrirais jamais cela. Lazare était différent, Lazare ne m'obéirait pas quelque soit mon ordre, et je regrettais que Nathanaël ne soit pas capable de me résister de la même manière.


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Lazare Falkenbach
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« Tu imagines ? » Je la fixais me demandant une seconde de quoi elle parlait. J'imagine ? Oui, j'imagine que ça lui ferait plaisir. Si les phéromones devaient avoir une odeur particulières ce serait sûrement celle de sa goule. Ce gamin bavait littéralement devant Dawn que s'en était presque gênant pour lui. Je ne vois pas à quoi rimait sa question, elle aussi devait avoir remarqué quand même, un éléphant dans un magasin de porcelaine aurait été plus discret. « C'est pour cela que tu n'aimes pas les contacts. » Qu'est ce que je venais à voir avec tout ça ? Ma réticence à être touché datait de bien avant notre rencontre... comme le sexe... j'imagine... Les mots que je venais de prononcer firent écho dans ma tête pour m'aider à comprendre et je me braquais presque aussitôt. Si elle ne voulait pas que je m’immisce dans cette partie de sa vie j'apprécierais autant que la restriction s'applique à elle. « Comment peux-tu faire une comparaison si tu n'es pas certain ? » Une colère incontrôlable s'éveillait au fond de ma gorge. « Contrairement à ce que tu sembles penser je sais ce qu'est le sexe. » Répondis-je presque hargneux, ce qui devait rajouter à mon ridicule et la renforcer dans l'idée que j'étais toujours puceau à 116 ans mais ce qu'elle pensait m'importait peu. Qu'elle le garde pour elle. Elle n'avait pas besoin d'en savoir d'avantage ou bien de me faire un dessin, je veux bien croire que l'abstinence pour un vampire était étonnant mais ça ne signifiait pas que je n'avais aucune idée de ce dont je parlais.  « Et ce... n'était pas une communion, nous deux. » J'inspirais profondément ravalant le grognement qui s'apprêtait à m'échapper. Forcément comparer ça au sexe c'était pas très malin, j'aurais dû lui parler de drogue peut être mais elle n’avait pas la tête d'une fille qui aurait un jour été accro à quoi que ce soit. « Y a pas de nous deux, seulement moi et ton sang. » Qu'est ce qu'elle s'imaginait ? Que j'étais devenu accro à ses beaux yeux et que c'est ça qui nous rassemblait cette nuit ? Tout était la faute de son sang et ça aurait pu être n'importe qui d'autre ici ce soir à part elle.

« Si la similitude va aussi loin que tu le penses... Si à tes yeux... T'es-tu déjà seulement abreuvé à la veine de quelqu'un le désirant ? T'es-tu seulement déjà inquiété de ce que ta proie pouvait ressentir ? » Sentant le piège se refermer sur moi trop lentement, mon corps entier se crispa en la voyant approcher sa main de moi. Je crois que si j'avais pu me mettre à grogner comme un vulgaire animal sauvage sans nul doute que je l'aurais fait. Est ce que ça l'amusait de faire ça ? Elle avait déjà pu juger de ma réaction la fois précédentes et même maintenant qu'elle le 'comprenait' et malgré mes mises en gardes elle s'en servait toujours. Trouverait-elle ça drôle si je me penchais sur son cou pour la mordre à chaque fois qu'on se voyait. Luttant pour ne pas mordre ou repousser cette main qui sonnait sur moi comme une menace, j'en avais mal partout et les dents qui grincent. « T'imagines tu seulement quelqu'un d'assez fou pour me laisser boire à sa veine... Et je suis un chasseur, par un psy, si je fais ce que je fais c'est pour me nourrir, pas pour me faire des amis. » Arrivais-je à prononcer péniblement entre mes dents. « As-tu seulement déjà pensé quelle intrusion cela pouvait être alors que ton être rejetterait cette simple main si je venais à te toucher, n'est-ce pas ? » Tentes si ça te chante, tu verras à quel point ta main sera rejeté. « Il faut savoir se défendre... Si l'on veut survivre. Tout comme tu dois pouvoir défendre tes idées. » Règles numéro sur le front, c'était toi ou lui. Si tu ne savais pas te défendre, tu mourrais, si tu hésitais, tu mourrais cette règle marchait pour tout, et je ne comptais pas me faire une seconde fois. Elle retira enfin sa main, et soupirant de soulagement je me levais rapidement pour m'éloigner d'elle et marcher un peu à travers la pièce pour calmer mes nerfs. Je ne pouvais pas lui faire confiance. Elle m'expliqua un truc à propos de sa goule, mais je ne l'écoutais plus. De toute façon qu'elle fasse ce qu'elle veut avec sa goule, ça ne me regardait pas. Nous n'étions pas des amis, elle n'a pas à me faire la leçon ou à juger ma façon de vivre. M'approchant de la seule fenêtre de la pièce, je tentais de calmer ma colère en regardant dehors, mais ça me fit me sentir étrangement nostalgique. J'aurais pu être dehors a effrayer et chasser les humains. J'avais l'impression désagréable d'être un animal sauvage qu'on aurait enfermé en cage pour être éduqué et apprivoisé. La chaîne trop lourde passé autour de mon cou à cause de ce foutu lien de sang... si seulement j'avais un moyen de m'en débarrasser. Déposant mon front contre le verre froid et crasseux, je fermais les yeux jusqu'à recouvrer mes esprits et demander d'une voix plate : « Je pense que ça devrait suffire pour cette nuit. Vas t-en. » Ce n'était pas une demande, j'avais besoin de me retrouver seul et surtout sans elle. Mais alors que je m'attendais à entendre ses pas se diriger vers la porte c'est un autre son qui attira mon attention. Des éclats de voix, des rires un peu nerveux résonnaient dans le couloir et s'approchait d'un pas un peu hésitant vers la salle commune. Humant l'air autour de nous, je ne mis pas longtemps à reconnaître la fragrance des humains, ils étaient au plus quatre et ne semblait pas très vieux. Sûrement des gosses. Sans réfléchir mes pas se dirigèrent vers la porte dans l'idée d'aller me débarrasser de ces fouteurs de trouble.

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Strangeness

Dès mes premiers mots, suivant l'incompréhension de ce à quoi je pouvais bien réfléchir, ce fut la colère qui commença à gronder à mes côtés, celle sombre et taciturne d'un homme ne supportant pas que l'on s’immisce également dans son existence très certainement. Mais je n'avais pas réellement l'impression de le faire, tant ce n'était qu'une compréhension d'une partie du mystère que je côtoyais sans réellement le désirer. Prélude à ce qui suivit, alors qu'il me désincarnait au profit de mon sang, me laissant entendre et percevoir que la communion n'était finalement pas réellement avec une personne, mais avec l'objet désiré, un peu comme le sexe. Une ignominie de plus que je ne parvenais à accepter en réalité, prendre, voler, dérober, comme un souvenir trop brûlant et venimeux de n'être qu'un calice au profit de lèvres et de crocs trop assoiffés. Il fallait que je lui fasse saisir, qu'il comprenne... Ma main se rapprochait telle une fourbe menace alors qu'elle ne serait que cela, aucun réel contact ne ponctuerait cet instant car je ne voulais sûrement pas rajouter une quelconque noirceur à tout ceci. « T'imagines tu seulement quelqu'un d'assez fou pour me laisser boire à sa veine... Et je suis un chasseur, par un psy, si je fais ce que je fais c'est pour me nourrir, pas pour me faire des amis. » « Peut-être que sous l'assurance d'y survivre... mais tu as raison, tu es un chasseur... » ma réponse ne voulant dire qu'une seule et unique chose : personne. Il avait raison, moi-même je ne l'aurais laissé s'abreuver à ma veine, outre la dépense supposée, c'était la crainte d'être entièrement dévorée par sa faim que j'avais ressentie, le dégoût de l'entendre presque gémir de plaisir à mon oreille sous ce rapprochement honni et non désiré. « Il faut savoir se défendre... Si l'on veut survivre. Tout comme tu dois pouvoir défendre tes idées. » « Tout le monde ne peut pas. » répliquais-je à la suite de ses paroles, sentant comme une accusation pointant la flèche de la girouette du destin dans ma direction. Ma fragilité me poursuivait et me hantait, celle-là même qui faisait que mon père m'écartait par instant, non par méchanceté mais pour me protéger de moi-même. Et que l'éternité me pardonne, mais je trouvais les pièces sonnantes et trébuchantes du destin quelque peu mesquines à ne pas être distribuées avec égalité. Alors que la menace de ma main laissait finalement soupirer le vampire qui ne tarda pas à briser la proximité qui était la notre, pour s'éloigner... la trêve de confiance sonnant désespérément son terme.

« Je pense que ça devrait suffire pour cette nuit. Vas t-en. » lâcha-t-il finalement d'une voix dénuée d'un véritable sentiment, continuant à me tourner le dos, alors que je ne cessais de l'observer sans véritablement savoir pourquoi. Je ne parvenais toujours pas à saisir, à comprendre, pourquoi le destin voulait se montrer si cruel en un sens, liant deux êtres incapables de parvenir à s'entendre. Deux êtres qui n'étaient rien d'autres que de parfaits inconnus, d'invariables ennemis dont les Parques s'étaient amusées à entrelacer les fils pour s'attirer un sourire, un rire, quelques larmes cristallines. Toujours. La sentence à l'image d'une fourbe malédiction qui peut-être n'en aurait l'air que quelques instants de trop. Toujours. Comme une balle venant perforer votre poitrine, vous arrachant souffle et respiration. Toujours. Pour peut-être parvenir à ce jamais qui le laisserait regretter tant et si bien ce que ces moments avaient laissé s'évader, qu'il ne pourrait qu'espérer que la main décharnée de la mort vienne se plaquer sur mes lèvres et mon cœur pour m'attirer dans l'eau putride des Enfers. « Je suis... désolée. » soufflais-je en réponse, une seconde peut-être après qu'il m'ait dit cela, commençant par un timbre fardé d'ironie qui pourtant se transforma en vaine sincérité sur ce dernier mot. Pourquoi vaine ? Parce que je ne savais pas réellement de quoi je m'excusais, et puis je ne l'imaginais pas être de ceux qui accordaient beaucoup d'intérêt à ce genre d'expression. J'avais presque l'air ridicule à sentir une forme de culpabilité à l'avoir poussé si loin, lui que je haïssais pourtant et dont je ne pouvais que me méfier, ressentant un insidieux malaise au contact de son odeur comme si elle n'était que le reflet de ténèbres pernicieuses. Mais malgré cela, je n'allais très certainement pas rester alors qu'il m'autorisait clairement à disparaître. Je n'étais pas assez stupide pour imaginer que nos brefs interludes pouvaient durer des heures durant. Je savais que le ton se poursuivrait sur la voie douceâtre de la colère et de la rancune.

Fermant, condamnant ma boisson pour que rien ne s'échappe du gobelet hermétique que je remis dans mon sac dont l'anse ne tarda pas à rejoindre mon épaule lorsqu'un bruit attira mon attention. Non, pas seulement mon attention, notre attention alors que je me redressais, mon sac à l'épaule. Comme deux animaux sauvages nous inspirions l'air ambiant pour tenter de cerner qui étaient ces êtres que nous pouvions entendre rire sous la nervosité de se trouver dans un lieu à la réputation malsaine, des pas qui trottinaient sur le sol, pouvant presque deviner où se posaient les pieds en question. Deviner à combien d'êtres ils appartenaient. Néanmoins, alors que je pensais simplement les croiser en repartant, la mouvance de l'autre être surnaturel présent dans la pièce me fit braquer les yeux sur lui. Une fourbe pensée naissant au fond de mon âme sous la prédestination fatidique des actes auxquels il comptait s'adonner. Lui emboîtant vivement le pas, mon bras se tendit, mes doigts se refermèrent sur son bras pour le tirer sur le côté et le plaquer rudement contre un mur voisin grâce à une méthode que m'avait enseignée Michaelis, profitant sans équivoque de la surprise de mon attaque pour y parvenir. « Non. » lui dis-je avec autorité, non parce que j'espérais qu'il allait m’obéir comme un vulgaire chien trop bien éduqué qui ramènerait le bâton pour le battre, mais parce que je ne voulais pas qu'il commette de meurtre cette nuit, pas lorsque j'étais présente. Je n'étais peut-être pas sa régnante, mais s'il voulait que je revienne, que je ne sorte pas la seringue dans mon sac pour le priver de ses capacités, je réclamais qu'il les épargne. Ainsi, je me trouvais si proche de son être que je reculais légèrement pour le regarder avec insistance, mes mains retombant entre nous, n'ayant à priori plus aucune raison de le toucher, et je ne l'avais sûrement pas fait pour les raisons qu'il craignait. « Je peux changer d'avis pour ça. » ajoutais-je en désignant ce qui nous entourait et par extension ces rencontres d'un simple regard. Je pouvais nous murer derrière une illusion s'il désirait que l'on ne nous voit pas, je pouvais nous dissimuler même au regard et à l’ouïe de la technologie s'ils avaient le malheur d'avoir une caméra. Mais j'en doutais, je n'entendais le ronronnement d'aucun appareil de ce genre. Simplement mon cœur vrombissant dans ma poitrine comme s'il cherchait à s'en échapper pour retrouver les plaines de la liberté, alors que je me méfiais du vampire que je venais plus ou moins d'attaquer et dont je connaissais la noirceur et le caractère trop acerbe pour ne pas avoir tenté une nouvelle fois le diable en l'approchant ainsi.


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Les yeux dans le vague, j’acquiesçais vaguement à ses excuses. Ça me faisait une belle jambe qu'elle soit désolé, surtout qu'elle même ne devait pas savoir de quoi elle s'excusait. Peut être pour avoir briser la seule trêve qui nous serait accordé avant longtemps tout ça pour me faire la leçon sur mes agissements. J'avais pris sur moi, j'avais goûté à sa poche de sang répugnante et elle n'avait rien trouvé de mieux que de juger et rejeter quelque chose dont elle ignorait tout, à croire que ce soir je n'étais pas le plus étroit d'esprit dans la pièce. Sans daigner me tourner vers elle, je pouvais l'entendre se préparer à s'en aller, je le sentais comme si ses gestes avaient été les miens et un sentiment désagréable m’envahit. De la tristesse ? Mais c'est moi qui lui avait demander de s'en aller, pourquoi en éprouverais-je de la tristesse maintenant ? Rejetant violemment cette faiblesse en serrant mes poings pour faire revenir la haine qui m'habitait quelques secondes plutôt alors qu'elle avait menacé de me toucher.

Mais il y avait les humains, ces êtres stupides qui ne savaient pas encore à quel point ils trouveraient le grand frisson en venant en ces lieux. Nous avions tout les deux senti leurs odeurs, mais j'étais le plus rapide des deux à réagir. Je venais de trouver mon défouloir pour la soirée, parfait pour que Dawn sorte de ma tête le temps de réaliser que je ne la reverrais pas avant deux semaines. J'allais les suivre comme une ombre glaciale agitant quelques portes et autres objets dans leurs dos jusqu'à ce qu'ils deviennent paranoïaque, qu'ils pleurs d'effroi et appelle leurs mères cherchant désespérément une sortie que je me ferais un plaisir de leur barrer. La Bête n'était pour rien là dedans, elle avait eu sa dose de sang et je ne comptais pas en boire une goutte de plus. Tout ce à quoi j'aspirais c'était les faire tourner fous pour oublier la folie qui agitait mon être. Les doigts refermés sur la poignée mais une main agrippa mon bras pour me tirer en arrière et me plaquer contre un mur. Mon cerveau mit quelques secondes à comprendre que c'était bel et bien Dawn qui venait de m'empêcher de sortir, moi qui la croyait aussi faible que les humains. « Non. » Tout ça sonnait bien trop comme un ordre à mes oreilles et je me retenais de la repousser violemment de l'autre côté de la pièce pour ne pas attirer l'attention des ados vers nous. Je n'étais pas son chien à qui elle pouvait donner une pichenette sur le nez et gronder dès que mes agissements ne lui plaisait pas. « Lâches moi. » Ma voix posée laissait clairement paraître la colère sous-jacente qui risquait de lui exploser à la gueule d'une seconde à l'autre. Son corps s'éloigna du mien et la tension redescendit un peu. Mes elle continuait de me fixer, avec tout le dégoût et la haine que je pouvais lui inspirer en agissant ainsi. « Je peux changer d'avis pour ça. » Elle me désigna la pièce qui nous entourait et j'avais bien du mal à comprendre comment un lien de sang pouvait m'obliger à venir ici la supporter faisant un pied de nez à toute la logique et la raison tel quelle soit. « J'aimerais pouvoir te dire pareil. » Dans un mouvement brusque, je m'arrachais à son regard pour me diriger de nouveau vers la porte sans l'ombre d'une hésitation face à sa menace. Si elle croyait qu'elle me pousserait à lui obéir en utilisant le chantage elle se foutait le doigt dans l’œil jusqu'au coude. « Tu sais ce qui t'attends si tu ne viens plus. »

Ne m'attardant pas d'avantage sur les au revoir, j'ouvris enfin la porte pour sortir de la pièce. Les gamins avaient disparus mais leurs odeurs menaient directement à l'étage supérieur. Fouillant les environs du regard pour trouver une barre de fer ou quoi que ce soit, rien ne m'inspira réellement et je dû me rabattre sur mes griffes que j'allongeais sous la lueur pâle de la lune. Effleurant les murs et les portes métalliques, j'avançais calmement vers la petite bande de jeune dans un grincement strident laissant de longues balafres lézarder sur la surface auparavant lisse des murs. La légende ne racontait-elle pas que l'on n'entendait les anciens patients gratter contre leurs portes la nuit ? Un sourire sadique étira mes lèvres, en me rappelant des films de Freddy Krueger. Je n'avais pas son inventivité ni toutes les possibilités qui lui étaient offertes mais j'aimais à me comparer à lui. Mes pas raisonnant lourdement dans le couloir désert ne tardèrent pas à alerter les ados. Je pouvais entendre leurs chuchotements s'affoler doucement tandis que leurs pas se faisaient plus hésitant, comme cloués sur place par la peur. Les battements sûrement affolés de leurs cœurs ne me parvenaient pas encore de là où j'étais mais sans nul doute qu'ils devaient être à deux doigts de la syncope. Et dire qu'ils se croient courageux à venir ici, mais quand les légendes devenaient réalités, rares étaient les véritables courageux.

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Strangeness

« Lâches moi. » m'ordonna-t-il posément, mais je pouvais déceler la colère qui grondait au fond de lui, celle que mon contact provoquait très certainement plus encore que mon ordre, alors que nous n'avions finalement été si proches depuis notre rencontre. Pourtant il ne me repoussa pas, étonnamment, me laissant le temps de m'écarter comme je l'avais de toute manière déjà prévu. Je ne comptais pas esquisser son être plus que nécessaire, et ce simple geste sembla adoucir l'étrange tension qui venait de crépiter entre nous. L'orage s'était apaisé comme sous le souffle pernicieux d'un ciel aussi changeant que les rubans cristallins de la lune alanguie dans le ciel. Et tandis que je tentais de trouver un moyen de le détourner de ses préoccupations premières, il me répondit assez rapidement... « J'aimerais pouvoir te dire pareil. », me signifiant clairement combien ce lien l'ennuyait tout autant que moi, le laissant désireux de pouvoir également me menacer de ne plus venir me retrouver en ces lieux. Mais ce n'était nullement une surprise, ni pour lui, ni pour moi, que nous nous serions trouvés dans un tout autre lieu si le choix nous avait été donné, mais j'étais celle qui n'en ressentait pas le besoin jusqu'à l'intérieur de mon être. Nulle ombre ne brûlait mes veines, nulle chaleur contagieuse ne réclamait un parfum quel qu'il soit alors qu'il se soustrayait déjà à mes prunelles. S'en détournait pour se diriger vers la porte, ne laissant sourdre qu'une menace plus insidieuse encore de ses lèvres, celle qui retint le moindre nouveau geste de ma part à son encontre... « Tu sais ce qui t'attends si tu ne viens plus. »

Interdite, immobile, je restais là comme consumée par l'impossibilité de m'interposer sans mettre en danger mes proches en mettant un terme à mes venues en ces lieux. Je sentais pourtant brûler la rancune et la haine pour cette épée de Damoclès qui semblait scintiller au-dessus de ma tête, le poison suintant avec indifférence pour veiller à ce que je ne l'oublie pas, jamais, son émissaire y veillerait autant de fois qu'il le faudrait pour m'enjoindre à obéir. Lazare savait user de ses propres atouts et de ses propres cartes, et il n'était pas un débutant, tant d'années jouaient en sa faveur et me dominaient sur le sablier du temps. Les battements fourbes de mon cœur résonnaient sourdement à l'intérieur de mon âme en écho à cet immuable avenir, alors que je n'obéissais pas toujours à mon propre père, il me fallait obtempérer comme une adorable poupée trop obéissante face à ce vampire quand j'aurais dû être celle qui le contrôlait. Mais non, ce n'était pas un simple lien de sang avec une vulgaire goule, j'avais lié à moi un vampire malgré mon opposition à cela, et il gardait ce détestable libre arbitre que je voudrais pourtant revendiquer pour la seule autre personne en ce monde dépendant de ma présence. Serrant les poings, mon ouïe rechercha d'elle-même ce qu'il se passait dans le bâtiment une brève seconde, ils s'éloignaient, mais il les suivait. Les fragrances s'entremêlaient à cette odeur de musc boisé que je haïssais de toutes mes forces. Je ne pouvais pas le laisser les assassiner sans réagir et si la menace ne fonctionnait pas, il fallait que je trouve une autre solution et vite. Sans réellement réfléchir, j'ouvris le sac que je portais toujours en bandoulière pour en retirer la seringue de sang mort que je fixais à ma taille, tandis que j'extirpais le pieux de bois, comme dans une réflexion idiote que rien ne pouvait se refléter sur du bois et encore moins les rayons argentés de la lune et ainsi attirer son attention.

A cette seconde, sous l'irréelle lueur des cieux, je ne me préparais pas réellement à converser ou même négocier, je me préparais à tenter de l'immobiliser, voir à le tuer si le courage ne me manquait pas l'instant venu. Mais j'étais certaine qu'il ne me pardonnerait pas, jamais, un acte aussi tendancieux que celui de vouloir me débarrasser de lui. Mes doigts crispés sur le morceau de bois, j'étais partie dans les couloirs, divaguant au hasard des fragrances et des sons pour les retrouver... si mortels ou immortel furent-ils. Percevant la lenteur immuable du jeu du prédateur, ce fut par un autre chemin que je parvins jusqu'au couloir où se trouvait Lazare, mon esprit se concentrant sous la visualisation d'une parfaite illusion, sentant comme se tisser les vagues de flammes qui se dressèrent face à lui, face à moi qui me trouvais dans son dos, comme venant dévorer ce qu'il restait de mur, brisant la possibilité d'avancer plus loin encore, tandis que ma concentration se voulait puissante, désireuse d'au moins le déstabiliser le temps de l'interpeler. Pourtant, ce n'était rien. Rien que l'impossible malgré l'étrange chaleur qui s'en échappait tandis que je redressais mon visage vers le vampire qui se trouvait juste devant moi, ses griffes dévoilées, plus dangereux sûrement sous la contrariété que je devais éveiller en lui à ainsi insister dans mon désir de l'empêcher d'agir. L'illusion puisait en moi son existence et sa véracité, alors que mes lèvres s'ouvrirent finalement. « S'il te plaît, ce ne sont que des gosses, ne les tue pas. » soufflais-je d'un timbre presque éteint, aussi léger que le voile du vent lui-même, nous épargnant d'être remarqués par les humains qu'il cherchait pourtant à rendre fou jusqu'ici. « Propose un autre marché pour leurs vies... quand je suis présente. » soufflais-je, le pieu coincé par mon pouce contre ma paume et mon avant-bras, seconde solution si rien n'était possible, tandis que je m'avançais lentement vers lui, comme s'il ne risquait rien. L'illusion se poursuivait, les flammes crépitant dans l'obscurité, mais elles s'évanouiraient sûrement si je devais réagir. Et malgré l'arme dissimulée, je lui proposais ainsi d'assurer la sécurité des mortels en ma présence... Pourtant je n'étais pas prête à tout sacrifier, et sûrement était-ce la raison de cette seconde solution à laquelle je m'étais préparée, celle qui cherchait à ne pas exister, celle qui se lovait pourtant contre ma peau à la manière d'un serpent avide de planter ses crocs dans la gorge du chasseur.


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Lazare Falkenbach
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La tension commençait à se faire intéressante, le battement de leurs cœurs affolés me parvenait aux oreilles comme une douce mélodie m'apaisant doucement. J'étais encore indécis sur la fin que prendrait se jeu morbide. L'idée de les tuer tous un par un m'arracha un frisson de plaisir mais si je les laissais s'en aller, ils pourraient peut être convaincre les autres petits curieux de s'abstenir de venir nous déranger les prochaines fois. Autant coupé la poire en deux et tuer la moitié du petit groupe, le message n'en serait que plus clair. Excité par l'idée, mes pas redoublèrent de vitesse, il faudrait que je les sépare d'une manière ou une autre pour éviter les problèmes.

Alors que j'étais sur le point de piéger mes proies, un mur de flammes s'éleva devant moi, me faisant instinctivement reculé face à la menace. Bordel mais ça sortait d'où ça ? Tournant le dos a la   chaleur écrasante qui semblait lécher mon visage avec l'appétit dévorant d'un charognard, je fronçais les sourcils en voyant Dawn se dresser devant moi, presque inquiétante sous la lumière rougeâtre du feu. Pourquoi elle continuait de me suivre comme ça alors que je lui avais demandé de s'en aller ? Je n'avais pas besoin de nourrice ni d'une emmerdeuse qui voulait soudain se prendre pour ma confiance. « S'il te plaît, ce ne sont que des gosses, ne les tue pas. » Ce n'est pas parce qu'elle me le demandait gentiment que ça allait soudainement me faire changer d'avis. Pourquoi elle ? Malgré qu'elle soit hybride j'avais l'impression de me retrouver coincée avec une humaine. Pourtant voilà, elle m'avait piégé. Coincé entre elle et les flammes, je restais plutôt indécis sur ce qui me serait le plus doux. Et si je n'arrivais pas à me débarrasser de ce lien ? Si l'on ne parvenait jamais à s'entendre et que le cauchemar continue indéfiniment prisonniers malheureux d'un accident ? « Qui a dit que j'allais les tuer ? » Je n'essayais même pas d'être convaincant puisqu'elle n'était pas assez stupide pour y croire mais comme pour appuyer mes dires, mes griffes disparurent d'elle même comme les preuves des idées noires qui me trottaient dans la tête.

« Propose un autre marché pour leurs vies... quand je suis présente. » J'éclatais d'un rire sans joie à sa proposition. Mais voilà qu'elle recommençait à s'approcher, la main dans le dos comme une nouvelle menace pesant sur moi. À mesure que le piège se refermait, la chaleur cuisante dans mon dos m'empêchant d'aller plus loin, sa présence n'avait rien d'apaisant contrairement à ce que je pensais trouver en venant ici. Est ce que je devrais risquer ma peau à chaque fois que l'on se verra ? Je ne voulais pas qu'elle ai cette chance et dans un geste un peu désespéré, j'utilisais l'avantage de ma vitesse pour la plaquer contre le mur attrapant ses poignet pour voir ce qu'elle cachait comme ça et l'immobiliser. Un pieu en bois. Forcément, c'était plutôt prévisible. « Comment est ce que je pourrais te faire confiance alors que tu ne respecte déjà pas le si peu de règles établies ? » Mes mains glissèrent le long de son poignet pour pouvoir lui prendre le pieu des mains et le jeter de l'autre côté du long couloir avant de reprendre ma prise. Mon regard rivé au sien, le souvenir d'une situation presque similaire m'arracha un léger sourire tandis que je jetais un coup d’œil à son cou. Aucune marque, tout ça aurait très bien pu ne jamais arrivé mais si c'était vrai ni elle ni moi ne serions là ce soir. « Je ne compte pas te faire de mal mais c'est pas pour autant que soudainement je deviendrais un saint. Je t'ai demandé de partir et le sort de ces humains ne te regardaient nullement. » Notre proximité ne me dérangeait pas puisque c'est moi qui l'avait cherché et que j'étais seul maître de ses mouvements. Mais contrairement à notre première rencontre ou à mes chasses de manière plus général, je ne tentais pas d'être effrayant ou menaçant, je voulais seulement m'assurer de ma sécurité en l'empêchant de m'atteindre. « Mais si tu insistes... Je ne ferais pas de mal aux humains si tu arrêtes de venir avec tout un arsenal à chaque fois. »

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Le souffle des flammes n'était qu'un écueil du mirage, comme une fourbe menace qui semblait troubler le vampire et le pousser à ne pas avancer plus loin, tandis qu'il s'était retourné vers moi, me scrutant, allant jusqu'à répliquer une question à ma première demande... Comme si j'allais croire qu'il n'allait pas les tuer ? Non, il ne me prenait pas pour ce genre d'idiote sans cervelle, car son timbre ne cherchait même pas à me convaincre de la farce grotesque qu'il affirmait, avouait presque à demi-mots. Ses gestes d'ailleurs tentaient presque de me prouver combien ces paroles échouées sur le fil n'avaient que peu d'importance, et qu'elles auraient pu rester ce qu'elles étaient auparavant ; ignorées. Déjà, d'autres mots venaient s'étourdir au coin de mes lèvres, s'échouer à la manière d'un coquillage empli d'une mélodie fardée de promesses. Ici encore, je lui offrais le choix des armes, tandis que l'une d'elle se trouvait dans ma main, fourbe menace dans le cas où le monde se refuserait à nouveau à tourner aussi rond qu'autrefois. Mais il titubait déjà, comme trop saoul et imprégné de cette malchance miséreuse qui s'attardait à nos pieds, nous emprisonnant l'un à l'autre comme autant d'erreurs que le ciel ne cessait de commettre. Tandis que son rire résonnait, sans l'ombre d'une joie quelconque alors qu'il devait encore frissonner de plaisir quelques instants avant que je ne vienne ainsi l'interrompre. Il riait et je ne cessais de m'approcher, réduisant la distance entre mon illusion et moi-même, le laissant se retrouver comme pris au piège entre l'irréalité projetée de mon esprit et la réalité que je représentais, celle qu'il ne voulait surtout pas qu'elle vienne l'effleurer. Mais pourquoi l'aurais-je touché autrement que pour le blesser à cet instant ? Et je ne l'aurais fait que s'il ne m'en laissait plus le choix...

Néanmoins, tel un animal pris au piège, acculé dans un recoin, sentant sa fin inexorable, il fut le premier à attaquer, venant saisir mes poignets tout en m'entrainant contre un mur, m'arrachant mon souffle l'espace d'une fourbe seconde où l'illusion vacilla dans son dos. Trop lointaine, aussi irréelle qu'inutile, elle divagua pour disparaître alors que mon cœur se remettait à battre si fort qu'il m'étourdissait. Sous l'insidieuse sensation d'être une nouvelle fois piégée par cet être, à presque percevoir l'ombre malsaine de ces songes qui étaient venus me visiter lors de nuits trop obscures où sa fragrance devait hanter plus que mon imaginaire de par sa présence. « Comment est ce que je pourrais te faire confiance alors que tu ne respecte déjà pas le si peu de règles établies ? » fit-il remarquer juste après avoir remarqué ce que je tenais entre mes doigts et semblais refuser de lâcher. En vérité, je savais que c'était idiot, qu'il l'avait vu, qu'il ne se laisserait jamais avoir deux fois de la même manière, mais je ne supportais pas de perdre mon arme face à lui tant mon apparente sensation d'être si fragile contre lui me révulsait. Sentant ses doigts glisser contre ma peau et m'arracher un frisson, sûrement sous la fraicheur qui s'exhalait de ses doigts, mon être tout entier chercha à lui échapper tandis qu'il usait de sa vitesse pour me désarmer. Mais ses doigts, prévoyants, avaient brisés la course libératrice de mes poignets pour les brimer à nouveau contre le mur. Tandis que mon cœur frappait, appelait à l'aide, prisonnier qu'il était de ma poitrine alors que mon regard affrontait celui du vampire qui m'immobilisait, avec colère et rancune, deux sentiments qui dissimulaient ma crainte de cet instant, de cette...

Créature qui esquissa un sourire qui fit s'égarer un nouveau frisson le long de mon être, ses iris déviant jusqu'à ma gorge alors que je lui crachais, haineuse : « Ne me touche pas ! » Ordre risible compte tenu qu'il me tenait déjà, que ses mains me touchaient, que son être me brimait sous sa proximité que je haïssais... que je voulais haïr autant que je le haïssais, lui. Ainsi, ce qui me sembla immuable me poussa à nouveau à tenter de me débattre, à repousser la poigne de ses mains, la force de ses bras, la brutalité de son monde qui pourtant ne m'étreignait aucunement. Mais peut-être savourait-il ces secondes ? Peut-être se méfiait-il d'être une nouvelle fois défait par le pouvoir du sang s'il cherchait à me blesser ? Mais j'étais prisonnière ; il m'avait immobilisée et cela me rendait malade d'être finalement si faible face à lui. « Je ne compte pas te faire de mal... » commença-t-il comme pour adoucir ma captivité non désirée alors que je cessais mes tentatives qui ne servaient de toute manière à rien face à celui qui se plaignait encore il y avait peu de ne pas vouloir souffrir ma proximité et qui se tenait si proche de moi qu'il pénétrait la bulle de mon intimité. « ...mais c'est pas pour autant que soudainement je deviendrais un saint. Je t'ai demandé de partir et le sort de ces humains ne te regardaient nullement. » « Il fallait attendre que je parte en ce cas ! » répliquais-je agacée, affrontant impunément son regard tandis que je ne pouvais que craindre sa parole, sa soi-disant assurance qu'il ne s'en prendrait pas à moi. Mais il restait étonnamment maître de lui-même, calme, ne cherchant ni à me blesser... ses doigts restaient humains, nulle griffe ne venait entailler la finesse de ma chair, nulle ne venait faire s'écouler le fluide si délicat qu'il avait tellement aimé cette première nuit. « Mais si tu insistes... Je ne ferais pas de mal aux humains si tu arrêtes de venir avec tout un arsenal à chaque fois. » me proposa-t-il, laissant un rire ironique s'esquiver de mes lèvres sans que je ne puisse réellement le retenir. Il espérait que je vienne sans arme ? Réellement ? Même lors de notre première rencontre, deux s'étaient trouvées sur moi, deux... dont une m'avait très certainement sauvé la vie pour finalement faire naître dans mon existence un lien détestable qui me mettait à présent en sa présence alors que je haïssais mes faiblesses, même un genou remontant jusqu'à son entrejambe ne m'offrirait que quelques secondes, mais je n'aurais pas hésité à y avoir recours sous le désespoir s'il avait semblé réellement vouloir reprendre notre première rencontre là où il s'était arrêté. Mais il ne semblait pas désirer cela, juste m'immobiliser, me rendre inoffensive, sa demande semblait me le jurer dans l'ombre taciturne de la pièce où seuls les rayons lunaires persistaient encore. Néanmoins, réfléchissant, je réalisais qu'il n'avait parlé que d'arsenal, ce qui ne nécessitait pas que je vienne totalement désarmée. Certes, il venait une nouvelle fois de prouver qu'il était plus fort que je ne l'étais, que plus d'une arme... « J'oublierai l'arsenal si ça peut te faire plaisir... maintenant lâche-moi ! » dis-je en poussant sur mes bras pour lui faire comprendre que je voulais ma liberté, que je voulais qu'il se recule. Réalisant dans une même seconde que si ma concentration défaillait sûrement trop pour une illusion parvenant à tromper le vampire à nouveau, je possédais quelque chose qui était capable de le déstabiliser tout autant s'il refusait d'obtempérer ou tardait un peu trop à le faire... Mon corps ne se limitait pas à des mains pouvant l'effleurer, ma douceur l'acculant sûrement bien plus que ma colère.


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« Ne me touche pas ! » Sa haine était plus que palpable dans son ton, pour peu j'aurais pu sentir le venin qu'elle me crachait au visage. Mais elle restait à ma merci, et tant que nous restions ainsi, je ne risquais rien et même si elle n'en avait pas conscience, elle ne risquait rien non plus. Même si mon regard s'échouait presque instinctivement sur sa gorge et qu'elle était désarmée, jamais je n'aurais pris le risque de retenter le destin une seconde fois, la première m'avait très largement servi de leçon. Elle qui avait voulu me piéger entre ce mur de flammes et elle, se retrouvait soudainement prisonnière de moi et d'un mur tout ce qu'il y a de plus banale et après c'est censé être moi le méchant alors que je ne fais que répondre à toutes ses provocations. Mais le combat n'était pas égale de par sa nature alors forcément... Après lui avoir assuré que je ne lui ferais aucun mal, elle cessa de se débattre sans pour autant devenir vraiment détendue et tant mieux, on a vu ce que ça donnait à chaque fois qu'elle commençait à se détendre et je n'étais pas d'humeur à le supporter pour le moment sans quoi j'aurais dû me montrer moins magnanime. Si je n'avais aucune raison de la blesser pour le moment, je pourrais très certainement sortir les griffes pour la rappeler à l'ordre.

« Il fallait attendre que je parte en ce cas ! » Un sourire coupable étira mes lèvres comme toute réponse à son agacement, ultime provocation alors que tout ça ne m'apparaissait que comme un jeu tandis que je savais à quel point les humains pouvaient lui être cher. Certes j'aurais dû attendre qu'elle s'en aille, mais elle m'avait énervé et ils étaient apparus comme par magie, comme une réponse pour passer mes nerfs alors qu'elle me restait intouchable. Mon impatience avait joué contre moi, j'étais forcé de l'avouer. Mais j'acceptais son histoire de marché, après tout je lui avais déjà promis de venir repu et je n'avais aucune envie de l'avoir sur mon dos lorsque je m'amuserais avec les humains alors autant éviter de le faire lors de nos soirées. Lui proposant d'arrêter de venir avec tout son arsenal, je n’eus droit qu'à un rire comme première réponse. Même si c'était presque un compliment de nécessité d'autant d'armes pour me rencontrer, elle devait se mettre dans la tête qu'avec mon incapacité à la tuer, les seules attaques dont elle aurait pu être victime seraient celles qu'elle aurait déclenchées. Je n'étais même pas encore certains de ma capacité à la blesser. Visiblement je pouvais toujours l'empêcher de m'attaquer en la coinçant comme en ce moment. Mais finalement depuis notre première rencontre je ne lui avais rien fait. Si je me retrouvais inoffensif face à elle j'apprécierais qu'elle ne vienne pas avec toute sa panoplie du parfait petit chasseur. Un pieu pourquoi pas, j'avais bien mes griffes mais rien de plus. « J'oublierai l'arsenal si ça peut te faire plaisir... maintenant lâche-moi ! » Ses bras esquissant un nouveau geste pour me faire lâcher prise, un grognement vaguement agacé traversa mes lèvres. Mais l'absence d'agressivité dans mes gestes me laissaient perplexe, j'étais presque détendu ainsi. Pour la première fois de la soirée je ne craignais pas ce qu'elle comptait me faire subir puisqu'elle ne pouvait rien faire. Si elle ne s'évertuait pas à essayer de se débattre me rappelant ainsi à quel point elle pouvait me haïr, je crois que j'aurais fini par la lâcher, naturellement. Mais je ne comptais pas non plus passer la nuit ici et mes mains relâchèrent sagement la pression exercée sur ses poignets.

M'arrachant à son emprise, je jetais un coup d’œil vers l'endroit où une minute plus tôt les flammes semblaient commencer à dévorer le bâtiment mais rien. Pas une seule marque noire au sol comme preuve de l'extrême chaleur qu'il avait du endurer, l'odeur abominable de fumée s'était évaporer dans l'air et la fraîcheur de la nuit avait pleinement repris ses droits comme si rien de tout ça ne s'était produit. Pour un peu je me serais cru dans un nouveau cauchemar qu'elle hantait comme chaque nuit. Les adolescents s'étaient enfuis, leurs odeurs mêlée à celle de la peur traînait encore comme des fantômes esseulés dans les couloirs mais sans réelle source. Esquissant quelques pas vers ce qui avait été plus tôt un mur de feu, je relevais les yeux vers Dawn presque réticent à croire que c'est elle qui avait pu créer tout ça. Finalement, elle n'était pas si faible que ça. « Impressionnant... » La curiosité piquée au vif, je me demandais quel était la nature de son pouvoir. Contrôlait-elle les éléments ? Ou juste le feu ? Est ce que tout ça n'avait été qu'illusion ou réalité ? M'approchant du mur rongé auparavant par l'incendie, j'y posais ma main mais tout ce que je sentais c'était la fraîcheur du mur en béton. « Ce feu m'aurait été inoffensif. Je me trompe ? » Contrairement à elle, ce qui m'était inconnu m'intriguait plus que ne m'effrayait et j'avais été relativement servi. « C'était pas si horrible que ça ce soir, non ? » Lui offrant un sourire ironique, je revenais vers elle sans pour autant m'approcher de trop près. Mon regard accroché au sien, légèrement interrogateur. « Tu es saine et sauve, tout comme ces humains... Suis-je aussi horrible que ton imagination te laisse à penser ? » Je ne sais pas moi même ce que je cherchais avec ces questions. Le lien de sang me poussait-il a avoir son approbation, sa reconnaissance lorsque j'estimais m'être relativement bien conduit ? Comme un chien attendant un morceau de sucre après avoir exécuté le tour qu'on lui avait demandé ? À quoi bon quand le maître ne vouait qu'un dégoût profond pour sa créature. Fronçant les sourcils, surpris moi même par ce raisonnement qui ne me ressemblait pas je m'éloignais de ma pseudo régnante pour suivre le chemin de la sorti emprunté par ces gosses préférant fuir ce genre de réaction trop sentimentale et retrouver ce qu'il me restait de liberté. « De toute façon, je te dis à dans deux semaines. »

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I tried to walk together

Coupable. Ses lèvres n'en eurent pas que l'air tandis qu'elles s'étiraient d'un sourire à ma remarque. Il semblait se noyer sous cette vérité qu'il n'osait même pas nier. Bien sûr qu'il aurait pu attendre que je quitte le bâtiment, puisque c'était précisément ce que je comptais faire de toute manière. Il n'aurait suffi que de quelques instants, mais non, Lazare avait préféré se dresser face à moi, chagriner ma façon de voir le monde, l'égratigner de sa noirceur comme sous un brouillard impalpable. Indifférent à ce que je pourrais ressentir face à son attitude, alors qu'à cette seconde, c'était les gestes brimés que je me tenais contre ce mur, le corps du vampire bien trop proche à mon sens, alors que je cédais finalement, lui promettant que je ne serais plus aussi armée lors de notre prochaine rencontre. Peut-être était-ce en vérité une redoutable erreur de ne plus prévoir plus que de raison de quoi me défendre contre lui, mais d'un autre côté, le vampire restait une nouvelle fois si sage contre moi, à ceci près qu'il se mit à grogner contre ma nouvelle résistance, à croire que mon envie de m'éloigner de lui devait finalement le déranger en un sens. J'eus la crainte qu'il ne tente finalement de s'en prendre à mois, mais cela ne sembla n'être que passager, puisque ses doigts relâchèrent la pression qu'ils exerçaient sur mes poignets, me rendant ma liberté et la possibilité de me mouvoir librement sans qu'il ne m'ait fait, ou n'ait cherché à me faire, le moindre mal, ce qui en vérité était une véritable nouveauté de nos rencontres. Je ne parvenais à comprendre le vampire, mais tandis qu'il se détournait pour observer l'endroit où se trouvait le mirage un peu plus tôt, j'esquissais quelques pas à travers la pièce pour m'éloigner de ce mur et de la sensation... désagréable de cet instant. Le haïr. Continuer à rejeter tout ce qu'il était, cette noirceur, cette cruauté... Il n'était qu'un assassin, un monstre, qui s'égarait aux gorges des proies qu'il se choisissait après les avoir fait trembler de crainte.

En parlant de peur, mon attention se tourna vers les humains, mais ce n'était plus qu'une ombre, un halo fantomatique qui s'attardait encore vaguement dans les couloirs. Prenant la direction de l'endroit où le pieu était tombé pour pouvoir le ramasser, je m'évertuais pourtant à ne pas le perdre des yeux, attentive à sa présence et à ses gestes... Pourtant, l'ombre malsaine de la certitude persistait que s'il avait voulu s'en prendre à moi, il l'aurait déjà fait. J'avais été une cible de choix et il s'était contenté de ne faire de moi qu'une prisonnière aussi dangereuse qu'un souffle de vent trop taciturne pour emprunter des venelles tracées par l'homme. « Impressionnant... » fit-il remarquer tandis que je m'inclinais pour ramasser le morceau de bois et le glisser dans mon sac, à présent certaine qu'il ne se passerait rien ce soir, qu'un nouvel accord venait d'être conclu et qu'il serait sûrement mal vu que je conserve l'arme boisée à sa vue après qu'il venait si justement de me désarmer. Impressionnant ? Chaque fois que j'usais de ce don, j'avais l'impression qu'il s'affinait au gré du temps qui s'écoulait, comme un nouvel ami avec lequel il avait fallu que je fasse connaissance, me lovant dans l'étreinte glacée de nos deux âmes envieuses... mirage et réalité s'entrelaçant avec indolence. A présent relevée, n'ayant aucune arme entre mes doigts, c'était le regard du vampire que je soutenais une nouvelle fois sans chercher nullement à combler la distance qui s'érigeait entre nous, telle une mer qu'il m'aurait été impossible de traverser à cette seconde. Mais je le suivais des yeux alors qu'il vérifiait la chaleur du mur en y déposant sa paume, vérifiant ainsi de l'immatérialité de ce qu'il avait eu sous les yeux, sa chaleur crépitante à vous brûler les yeux et attirer l'attention de votre ouïe, la divagation des flammes comme charriées par les frêles courants d'air. « Ce feu m'aurait été inoffensif. Je me trompe ? » demanda-t-il finalement, dévoilant une interrogation qui me semblait trop vraie et sincère pour ne pas m'être des plus étranges. « Peut-être ou peut-être pas. » soufflais-je en réponse, persistant volontairement sous l'imprécision de ces instants. Bien sûr qu'il avait sûrement déjà deviné que je n'avais maîtrisé qu'une illusion, si fardée de vérité fut-elle, elle n'existait que parce que je l'avais dessinée à l'ombre de mon âme.

Puis, d'un sourire ironique, ce furent de nouvelles paroles que je ne trouvais pas si intelligentes que cela... « C'était pas si horrible que ça ce soir, non ? » Mes prunelles longèrent le plafond comme agacée qu'il puisse me poser cette question alors qu'il m'avait quasiment mise dehors un peu plus tôt, et que je venais de le poursuivre dans ces couloirs pour l'empêcher d'agir. Néanmoins, le bruissement de ses pas sur le sol me laissa revenir l'observer attentivement, alors que l'envie de ne pas le laisser s'approcher de trop près à nouveau venait s'ancrer au fin fond de mon être, un énième frisson gravissant mon être à cette idée, alors que j'entrevoyais dans ses prunelles une sincère interrogation que je ne parvenais à comprendre. Qu'espérait-il que je réponde à ses mots ? Que je m'attendais à pire ? La vérité était que oui et... « Tu es saine et sauve, tout comme ces humains... Suis-je aussi horrible que ton imagination te laisse à penser ? » recommença-t-il à m'interroger, comme si mon opinion le concernant avait réellement une importance, pourtant nous nous haïssions, nos mondes s'entredéchireraient si nous bafouions ce lien de sang qui l'avait emprisonné à mon être. Mais il avait raison, il ne m'avait rien fait, j'étais venue armée et il s'était contenté de me priver de mon pieu et de mes mouvements, sans même me blesser. Ses doigts autour de mes poignets n'avaient nullement été acerbes, aucun lame n'avait traversé ma peau, rien n'avait tenté d'imprimer une souffrance sur mes traits. Ses doigts ne s'étaient fait qu'étau, attisant un frisson de mon être... Mon cœur sembla s’agiter une nouvelle fois dans ma poitrine alors qu'à trop y réfléchir je n'avais pas trouvé cela si désagréable. Impossible ! Il m'avait immobilisée, ses gestes n'avaient cherché qu'à m'entraver, et l'être qu'il était se devait de ne recevoir que ma haine et ma colère, à croire que je préférais lorsqu'il me blessait d'une manière ou d'une autre.

« Tu ne l'es que pour une seule raison... » laissais-je filer de mes lèvres, sans trop tenter de m'impliquer dans la symbolique de tout cela. Je savais que s'il n'était pas si différent par la faute de mon sang, je ne me surprendrais même pas à frissonner à son contact comme une idiote, parce qu'il serait éternellement resté le prédateur que je comptais bel et bien tenter de tuer s'il s'en était pris aux humains. Il faisait vaciller ma volonté, la balance du bien et du mal sur laquelle je m'étais assise dès ma naissance et c'était inconcevable. Lui plissa le front, face à mes mots ou aux pensées sur lesquelles il s'attardait, tandis qu'il se détournait à mon plus grand soulagement pour quitter la pièce. « De toute façon, je te dis à dans deux semaines. » berça-t-il ses pas, tandis que je le regardais... « J'y serai. » me contentais-je de répliquer, tandis que j'attendais ici de ne plus percevoir son corps pour relâcher un étrange soupir dont je ne parvenais à déceler la teneur entre soulagement et l'ombre d'un regret, mais lequel ? De ne plus avoir un être que je pourrais haïr tout le temps ou... Fermant le chemin à ces pensées, je pris également la direction de la sortie pour quitter cet endroit dans lequel je n'avais pas la moindre envie de rester. Je voulais dormir et oublier. Je voulais que demain soit à nouveau fardé de l'envie de ne plus le revoir et du dégoût qu'il m'inspirait pour tout ce qu'il était, et pas de ce doute ignoble d'entrevoir une autre facette presque trop différente du vampire qui pourtant ne changerait pas. Une facette que je serais peut-être la seule à connaître ainsi.


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No sense of time ❦ Lazare {Terminé}
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