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 Back from Hell - Lilith & Ashton

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Une fois par semaine, Ashton se rendait à l'hôpital, Downton, pour échanger avec l'un de ses fournisseurs quelques civilités, et quelques litres de sang frais. Le jeune Valerius n'avait pas mis longtemps à se faire des relations en ville, son sérieux rassurant les derniers doutes qui pouvaient assaillir ses interlocuteurs. Bien sur, il faisait ce trafic dans le dos de la Camarilla, qui n'aurait surement pas apprécié qu'il fasse des affaires avec n'importe qui, au risque de mettre en péril leur précieuse mascarade.
Aussi, Ashton se faisait parfaitement discret, usant de son infime pouvoir pour disparaitre aux yeux des curieux qui rôdaient autour des portes du bâtiment. Seul sa consistance physique aurait pu le trahir, et il faisait donc bien attention de se déplacer sans jamais bousculer personne.

    - Code 666, chuchota le vampire, dans l'interphone, d'un ton grave et mystérieux, nullement exagéré.
    - J'arrive, lui répondit une voix douce et familière, venant de l'intérieur.


Ashton s'écarta de l'entrée, pour s'appuyer contre un mur, toujours invisible, telle une ombre. Harlow n'allait pas tarder à apparaitre les bras chargés de pochons, dont ses clients pourraient se régaler à un prix tout à fait correct, proportionnel au coût de cette transaction illégale.
Tandis qu'il restait immobile, les yeux de l'immortel scrutaient chaque visage, vifs et observateurs. Il pouvait presque sentir les artères de ces pauvres êtres pulser contre leur peau, appel brulant à l'avidité... Mais Ashton se contrôlait, maitrisant ses envies avec une volonté de fer.
Il fallait avouer qu'il s'aidait bien en dégustant un animal entier avant de s'aventurer dans les rues bondées de Los Angeles. Sa faim ainsi comblée, il pouvait beaucoup plus facilement se concentrer sur d'autres problèmes plus importants - façon de parler, car celui-là était quand même l'un des plus dangereux.
Alors qu'il fixait avec intensité une mère trainant vers les urgences son enfant blessé au coude, surement après une grosse chute, Ashton sentit un frisson lui parcourir l'échine, et se redressa, les sens en alerte. Aucune menace n'était visible dans l'horizon nocturne... Et pourtant. Il avait senti une présence malsaine, tout sauf amicale.

    - Ash ? Murmura Harlow, en poussant la porte qui grinça légèrement, captant son attention alerte.
    - Je suis là, répondit-il en sortant un instant de l'ombre dans laquelle il se cachait, pour apparaitre devant les yeux de la demoiselle, dont les yeux s'illuminèrent en le reconnaissant. Il lui sourit gentiment.
    - J'ai pu t'avoir 8 litres, dont 3 d'A négatif... Je sais que c'est ton préféré. Si elle avait été encore humaine, elle aurait surement rougis, à ce moment-là.
    - Merci ma belle... Passe au Last Round demain, on pourra faire les comptes.


Il termina cette conversation, qui se devait d'être rapide, par un clin d'œil malicieux. Il admirait Harlow, et son indéfinissable maitrise d'elle-même, pour pouvoir travailler dans un lieu de tentation comme l'hôpital, sans jamais craquer et faire le moindre écart.
Alors que la porte se refermait derrière elle, un nouveau picotement, désagréable, chatouilla son épiderme, avertissement de son instinct aiguisé contre quelque chose qu'il n'avait pas encore identifié. Méfiant, Ashton s'avança néanmoins dans l'allée, rangeant dans son sac à dos le liquide précieux qu'il était venu chercher.
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    En temps normal, une immortelle de plus de cinq cent ans pouvait tout à fait se contrôler en présence de sang – à moins de mourir de soif, évidemment. Avec l’âge, tous les vampires acquéraient une certaine maîtrise d’eux-mêmes dont le seuil différait toutefois. Certains préféraient ne jamais trop s’approcher de personnes blessées, d’autres n’éprouvaient quasiment aucune difficulté tant leur volonté était forte. Curieusement, Lilith avait rapidement été de ceux-là, ce qui rendait ses écarts de comportement plus étonnants encore. Bien qu’elle n’ait pas la gorge sèche en présence de sang tiède, elle pouvait soudainement se comporter comme la pire des sauvageonnes et déchirer des carotides simplement pour l’immense plaisir de sentir la vie de sa victime passer en elle, réchauffer ses muscles, lui transmettre l’étincelle de la création. Ainsi était-elle. Impulsive. Imprévisible. Elle aimait considérer cela comme une qualité, mais elle n’ignorait pas que ce n’était qu’une conséquence de sa propre folie ; ce qui ne voulait pas dire qu’elle ne punissait pas ceux qui pensaient qu’elle était diminuée à cause de sa maladie. Ceux-là ne vivaient généralement pas assez longtemps pour regretter leurs médisances.  Car enfin, qui pouvait blasphémer au sujet de l’Originelle sans en payer le prix ? Ce n’était pas en agissant de façon juste et douce qu’elle se ferait respecter. Les vampires ignoraient le sens de l’amour, au moins pour la plupart. Ils ne connaissaient que la valeur de la force, la supériorité de l’âge et la crainte de la vrai mort.  Trois choses que Lilith possédait, sans fausse modestie.

    Alors qu’elle déambulait sans but dans les rues de Los Angeles, ses pas la menèrent jusqu’à l’hôpital du centre-ville sans qu’elle n’y prête attention. Elle ne remarqua l’endroit que lorsque un brancard où un homme agonisait passa devant elle, les infirmiers lui hurlant de dégager de le passage. Un seul coup d’œil lui suffit pour savoir que ce pauvre bougre ne passerait pas la nuit. Et sans l’once d’un remord, elle s’en détourna pour observer les alentours, surprise d’avoir atterri ici dans sa distraction coutumière. Depuis toujours, Lilith détestait les hôpitaux. L’odeur de la mort qui y rôdait en permanence, les désinfectants qui lui brûlaient la gorge, tout ce blanc soi-disant pur « afin de calmer les patients. » Ce n’était sans doute pas pire que les maisons de retraite à ses yeux, néanmoins elle s’efforçait de les éviter autant l’un que l’autre. Cependant, l’immortelle capta finalement une odeur qu’elle aurait reconnue entre toutes. Une odeur, et aussi un lien qui pulsait doucement en elle comme les battements d’un cœur inexistant. Ce lien, elle le savait, était la raison de son arrivée à l’hôpital. Ce n’était pas le hasard, mais le Destin. Parant son visage d’un sublime sourire, elle pénétra dans le hall malgré son aversion et se fia à son instinct pour remonter la trace olfactive. Cela ne faisait pas longtemps qu’il était passé ici et, d’après elle, il ne devait pas encore être reparti. Elle savait bien évidemment ce qu’il faisait en ces lieux : il avait besoin de sang pour abreuver les vampires qui venaient traîner dans son bar, mais à sa place elle aurait ponctionné quelques touristes pour se fabriquer une réserve de sang plus conséquentes et… de façon plus discrète. Presque n’importe quel crétin qui bossait dans cet hôpital pouvait comprendre que sa taupe lui refilait des poches d’hémoglobine. Une fois son stratagème éventé, que pourrait-il faire ? Par curiosité, elle fut tentée d’attraper un vigile qu’elle croisa sur le chemin afin de lui confier ce petit secret, mais elle se retint de justesse et préféra continuer sa route.

    Au détour d’un couloir, une mère et son fils la dépassèrent d’un pas pressé. Le gamin avait le coude si bien écorché que d’infimes gouttes de sang perlaient le long de son bras. Il reniflait bruyamment, laissant échapper quelques sanglots. Lilith fit volontairement un détour sur sa trajectoire pour suivre l’enfant, son étrange regard bleuté rivé sur la minuscule silhouette. Lorsque sa mère lui demanda de s’asseoir dans un coin pendant qu’elle irait chercher un docteur, il s’exécuta. La créature patienta jusqu’à ce que la génitrice eut disparu derrière une porte, puis elle s’approcha du garçon. Il ne devait pas avoir plus de huit ou neuf ans. « Bonsoir. Comment t’appelles-tu ? » Il releva la tête en réprimant ses pleurs de son mieux et la dévisagea, son regard se perdant rapidement dans l’immense océan de ses iris. « Thomas. Tom. » « C’est un charmant prénom, le sais-tu ? Tu es bien amoché, Tom. Ton courage me plaît. Tu aimerais ne plus avoir à souffrir ? » « Maman est allée chercher un méd… un médecin. Elle m’a dit qu’il s’occuperait de moi. » « Vois-tu… » Elle plia ses genoux pour se positionner à sa hauteur sans se départir de son sourire. « Je suis un peu comme une infirmière. Ou plutôt, comme une sorcière : j’ai des pouvoirs magiques. Si tu veux, je peux te guérir en un clin d’œil. Tu n’auras plus mal et tu pourras rentrer chez toi. Mais en échange… Il faudra que tu me promettes de ne rien dire à ta mère ou à qui que ce soit. C’est un cadeau que je te fais. » Durant son court monologue, elle mordit profondément son index et badigeonna les écorchures avec application, jusqu’à ce qu’elles finissent par se résorber sous les yeux ébahis de l’enfant. Il y avait bien quelque chose de magique chez cette femme. Quelque chose d’effrayant et de magnifique à la fois. « Me-merci… » « Ne me remercie pas. Sois un gentil garçon, et n’oublie pas ce que je t’ai dit. Si par malheur j’apprends que tu as dévoilé notre secret, je n’hésiterais pas à te punir. » L’éclat chaleureux de son regard disparu soudainement, remplacé par une flamme menaçante. « Tu m’as bien comprise, Tom ? » « Oui… » Il acquiesça rapidement, avalant au passage sa salive de travers et toucha du bout des doigts sa peau toute neuve.

    Lorsqu’il releva les yeux, la femme avait disparue et la porte derrière laquelle sa mère avait disparue venait de se rouvrir. A quelques mètres de là, dissimulée derrière un pan de mur, Lilith arborait un sourire énigmatique. Qui pensait qu’elle était froide et n’avait aucune compassion ? C’était faux. Simplement, elle s’amusait nettement plus en provocant le carnage autour d’elle qu’en faisant des bonnes actions. Et, il faut l’avouer, sa nature profonde était de faire le mal… ou en tout cas, c’était vers ce genre d’actes que la poussait sa folie. Immoraux, brutaux, dénués de sentiments. Elle-même n’était pas entièrement ainsi, il lui arrivait de s’attacher à des mortels qui perdaient rapidement leur intérêt au fil des ans. Il lui arrivait de s’amouracher, il lui arrivait de se montrer faible. Mais à la fin, elle reprenait toujours le dessus. Et au fond, qu’importe si personne ne la comprenait : elle n’avait besoin de personne.

    Elle reprit le cours de son cheminement et arriva devant une porte fermée. Le seul moyen de l’ouvrir semblait être de s’adresser à l’interphone situé sur le côté… ou de forcer bruyamment la serrure magnétique. Elle haussa un sourcil, suspicieuse. Son instinct l’avait menée à cet endroit précis. Il devait être là. Un bref mouvement à la périphérie de sa vision la fit brusquement pivoter sur elle-même et elle attrapa à la gorge l’homme dont elle avait autrefois prit la vie. Plaqué contre le mur, presque à sa merci, il rivait sur elle un regard pourtant défiant et haineux. Un regard qui l’avait tout de suite charmée lorsqu’elle l’avait rencontré… Un regard qui l’avait décidée à l’épargner. A moins que ce ne soit simplement la satisfaction de faire du prince de Transylvanie son Infant ? Un trophée de chasse. Non, pas seulement. Il y avait quelque chose en lui qui l’avait poussée à lui offrir une seconde chance. Une éternité de secondes chances. L’immortalité. « Ashton. » Lilith le délivra de son emprise et recouvra un visage avenant, ses iris brillant comme deux saphirs et ses lèvres s’étirant lentement de part et d’autre de son joli minois. « Je pensais que tu allais fuir la queue entre les jambes. Tout plutôt que de me croiser, non ? » Elle réajusta le col du vampire qu’elle avait froissé en l’empoignant, puis se recula de trois pas. Il était toujours aussi séduisant que dans son souvenir… beaucoup plus, en réalité, vu que l’Etreinte avait sublimé ses traits. « Hé bien crois-le ou non, je suis heureuse de te voir. Tu m’as manqué. » Il la détestait, c’était évident. Pourtant cela ne l’empêchait pas de vouloir créer une relation de confiance entre eux, qu’il finisse enfin par l’aimer et qu’il comprenne que si elle avait fait de lui un vampire, ce n’était pas pour le voir souffrir. L’attaque qu’elle avait mené sur les Valerius avait pour but d’affaiblir l’Ordre du Soleil. Voir crever son père lui avait fait énormément de bien, mais… Ashton, Ashton était différent. Elle l’aimait bien. Il avait bravement combattu, même pour un gamin mortel.

    Elle fit glisser une mèche de cheveux blonds derrière son oreille, laissant ses doigts courir le long de sa boucle d’oreille en minuscules diamants. Une main glissée dans la poche de sa veste en cuir, elle avait pris une pose nonchalante. Nullement menacée par son Infant. S’il voulait la tuer, il pouvait toujours essayer. Elle n’était pas née de la dernière pluie et elle était bien plus âge que lui… Bien plus folle, aussi. « Tu pourrais au moins faire semblant d’être content de me voir. » Elle tendit le bras pour effleurer son torse avant de le laisser finalement retomber avec une moue déconfite. Mieux valait ne pas trop l’asticoter, il pourrait mordre. « Tu viens faire ton petit marché ? Tu peux m’offrir un coup, alors ? »
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Il ne put faire un pas de plus qu'une poigne violente le cloua contre le mur, l'empêchant de s'échapper. Lilith. Maintenant, son corps lui hurlait ce qu'il n'avait pas voulu identifier plus tôt, par peur, par rejet de cette affreuse vérité qu'elle lui avait infligé. Lilith. Toute son âme damnée l'accueillait avec des vagues de fureur, qui électrisaient son épiderme douloureusement, surtout là où elle le touchait. Il lui lança un regard haineux, admirant par la même occasion ses traits presque angéliques, qu'il se dégoûtait d'apprécier. Leur lien devait sans doute avoir une influence cruciale dans ce sentiment, et il se rassurant en essayant de s'en convaincre.
Son nom, dans sa bouche, était comme une insulte proférée au seul héritage qu'elle lui avait laissé de son père, le privant à tout jamais de poursuivre son œuvre, ou de prendre sa place sur le trône de Transylvanie. Elle l'avait arraché de la plus douloureuse façon à son destin, et il ne pourrait jamais le lui pardonner.

Il aurait pu fuir, en effet, et il l'aurait fait, s'il avait réalisé la menace qui planait sur lui. Ashton savait néanmoins, au fond de lui, que ce jour arriverait où ils se croiseraient, par hasard, ou pas, dans une ruelle de Los Angeles. Après tout, ils ne travaillaient pas si loin, il avait su qu'elle se montrait de plus en plus souvent dans cet établissement satanique dont elle gérait les intérêts.

    - Heureux de voir que tu ne te fais pas d'illusions à mon sujet, répliqua-t-il, agressif, en s'écartant d'un geste brusque lorsqu'elle relâcha son emprise. Même si l'envie de s'échapper était toujours présente, sa raison lui chuchoter que mettre à exécution ce plan ne serait d'aucune utilité. Son instinct lui murmurait également qu'il n'était pas encore de taille à lui tenir tête, bien qu'il la dépassait d'une bonne quinzaine de centimètres. Je ne partage pas la même nostalgie.


Il lui manquait, tiens donc ? Qu'avait-il partagé, à part leur sang, pour qu'elle puisse éprouver un tel sentiment ? La réponse était si évidente qu'elle brulait Ashton de l'intérieur. Lui aussi ressentait parfois ce manque, dû à leur indestructible connexion, mais il le chassait bien vite, de crainte de s'y complaire, ou d'y céder.
Pour cela, il se remémorait sa mort, la souffrance qu'elle lui avait infligé. Il repensait à sa sœur, à son regard horrifié en contemplant son cadavre, avant de l'abandonner à la mercie de la blonde vengeresse. Il ne lui en voulait pas, car il savait ce qu'elle avait songé, à cet instant : il était déjà perdu. Il goûtait encore, sur sa langue, le parfum de l'hémoglobine, puis ce feu qui avait rongé ses entrailles, pour lui donner l'éternité.

    - Je ne participerai pas à tes mensonges, Lilith. Même s'il avait voulu faire semblant d'être content de la voir, Ashton n'aurait pas pu de toutes façons : il était bien trop franc et honnête pour se permettre un écart de cette sorte. Il transpirait la sincérité autant que sa créatrice puait la tromperie. A eux deux, ils faisaient un duo bien dissemblable. Trouve-toi une goule, si tu veux te faire servir.


Il était hors de question qu'il lui offre quoi que ce soit, et surtout pas quelque chose qu'elle réclamerait. Il n'était pas là pour lui faire plaisir, bien au contraire. Le jeune Valerius n'était certes pas mature pour un vampire, mais il maitrisait plutôt efficacement les pulsions qui le poussaient vers elle.

    - Et maintenant, fous-moi la paix, insista-t-il, en la bousculant brusquement, pour poursuivre son chemin. C'était sans doute une erreur monumentale que de la provoquer, mais il n'avait pu se retenir plus longtemps. Ce flux d'émotion qui bouillait en lui devait être libéré d'une manière ou d'une autre, au risque de le faire exploser.


Les quelques rares patients qui venaient consulter à cette heure pour des urgences se retournèrent, avisant le couple atypique dans le noir, visiblement en grande dispute... Les humains étaient aussi avides pour ce genre de choses que les vampires l'étaient de sang, et plusieurs se mirent à les observer du coin de l'œil, en attendant plus d'action... Qu'ils allaient certainement avoir, et à un point qu'il n'imaginait peut-être pas. Et il n'était pas sûr que leur curiosité soit bénéfique pour eux, cette fois.

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    Depuis six cent ans, Lilith n’avait que très rarement donné l’Étreinte. Malgré ce que l’on peut penser d’elle et de ses manies impulsives, elle a une très haute opinion de l’immortalité et n’est donc pas de celles qui la donnent à n’importe qui. Il lui faut bien plus que de l’amitié ou de la confiance pour la pousser à partager son sang ; outre cela, il faut qu’elle le ressente jusqu’au plus profond d’elle-même. Il faut qu’elle sache que ce qu’elle va faire sera juste. Qu’elle en ait envie, certes, mais aussi en un sens besoin. Comme si une petite voix lui soufflait qu’il était temps. Trois fois. Trois fois seulement elle avait accordé le don de l’éternité à un mortel. L’un était mort de sa propre main et les deux autres arpentaient encore le monde. A chaque fois qu’elle croisait le regard plein de haine d’Ashton, elle ne pouvait s’empêcher de se souvenir de la propre colère qui l’envahissait lorsqu’elle avait affaire à son Sire. L’homme avait beau l’avoir engendrée, fait d’elle une créature puissante à la beauté inaltérable, il n’était au final qu’un obstacle de plus à ses yeux. Il l’avait modelée à son image, intransigeante, indomptable, insatisfaite. Il l’avait rendue forte et capable de déplacer des montagnes. Il lui avait appris à comprendre sa folie, à faire d’elle une arme contre les autres immortels plus âgés, à faire en sorte qu’elle équilibre sa jeunesse. Et elle lui avait arraché le cœur sans aucun regret. A ce souvenir, les lèvres de Lilith s’étirèrent en un sourire complaisant.

    « Trouve-toi une goule, si tu veux te faire servir. » « Si j’avais désiré une goule, j’en aurais eu une depuis longtemps. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, j’ai décidé de te sauver, ce n’était pas un accident. Pose-toi les bonnes questions, Ashton. Est-ce que j’ai vraiment envie que tu me serves aveuglément ? » « Et maintenant, fous-moi la paix. » la rembarra-t-il en la bousculant, dans une vaine tentative de fuite. Sans surprise, Lilith lui emboîta le pas en étouffant un éclat de rire amusé. Elle glissa impérieusement son bras au sien, sa main agrippant son poignet avec juste ce qu’il lui fallait de force pour lui faire comprendre qu’au moindre signe de recul, il risquait de voir ses os se briser. « Espèce de tête de mule. Où est passée ta galanterie chevaleresque ? » Elle haussa les épaules avec une moue dubitative, se penchant très légèrement vers lui pour lui chuchoter quelques mots. A les observer, ils ressemblaient à un couple qui venait de vivre une petite dispute et qui tentaient de se réconcilier… Mais il n’en n’était rien. Ils étaient bien loin d’une trêve. « Ce n’est pas grave : je préfère qu’on me résiste. » Avec un sourire désarmant, elle reprit sa position initiale et ajusta son pas au sien. Elle avait dit la vérité ; s’il était une chose que Lilith adorait par-dessus tout, c’était la compétition, l’affrontement. Obtenir les faveurs d’une personne alors qu’elle était au départ sa pire ennemie semblait être son terrain de jeu favori. Elle savait aussi se montrer conciliante et pratiquement soumise lorsque le jeu en valait la chandelle. Sa relation avec Ismaël était d’ailleurs une preuve flagrante qu’elle n’était pas entièrement folle. Elle tenait à son existence, aussi futile et aberrante soit-elle. Pendant des années, elle n’avait fait que suivre son instinct qui lui dictait de ne rien faire qui pourrait compromettre sa sécurité. Puis, la jeune femme avait été transformée en vampire, elle était née une seconde fois. Elle s’était donc juré de ne pas commettre les mêmes erreurs dans cette vie. S’amuser, tuer, s’abreuver directement à la veine, défier, braver l’autorité. Tout était tellement plus savoureux lorsque l’on s’affranchissait des règles de bienséances.

    « Si j’avais été à ta place, j’aurais tout fait pour être dans mes bonnes grâces. » lui confia-t-elle pendant qu’ils évoluaient dans les couloirs de l’hôpital sous les regards parfois curieux des infirmiers et des passants. « Pas par amour - elle avait prononcé ce mot en levant les yeux au ciel, presque amusée -, mais simplement pour pouvoir être plus proche de moi. Ce n’est pas en me fuyant que tu parviendras à te débarrasser de moi, Ashton. Je te pensais plus malin. A moins que tu ne veuilles pas réellement me planter un pieu dans le cœur ? » Sa plaisanterie faite, elle laissa un bref rire cristallin s’échapper d’entre ses lèvres. « Je blaguais, ne commence pas à monter sur tes grands chevaux. Je disais simplement que le vieil adage ‘sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis’ t’aurait été utile. Tu aurais pu dénoncer l’endroit où je cache mon cercueil à tes copains de l’Ordre du Soleil. Ta sœur aurait été ravie de me faire brûler et de m’arracher le cœur. Je me demande dans quel ordre elle s’y serait prise. Non, ne me dis rien… Je préfère l’imaginer. » Elle savoura le brasier de haine qui s’alluma dans le regard de son Infant, sachant pertinemment que derrière cette colère se dissimulait encore une peine qui ne disparaîtrait sûrement pas avant quelques dizaines d’années. Elle l’avait arraché à celle qu’il considérait comme sa confidente, sa meilleure amie, sa grande sœur chérie. A ses yeux, Ana avait toujours été le genre de garce qui n’avait pas conscience du monde doré dans lequel elle avait évolué ; elle l’avait immédiatement détestée lorsque leurs routes s’étaient croisées, dans une autre époque. Elle représentait tout ce qu’elle aurait pu être si Lilith n’était pas née bâtarde. Une princesse de sang royal, une digne fille à son père. Une femme courageuse et déterminée à faire régner l’ordre, prête à verser son sang pour une cause qu’elle jugeait juste. Pathétique.

    Le regard de l’immortelle s’accrocha à celui de l’enfant qu’elle avait soigné juste avant. Il se tenait avec sa mère dans le hall, devant un médecin perplexe qui avait du mal à dissimuler l’étonnement dubitatif face aux déclarations de la femme. Elle lui assurait que lorsqu’elle avait pris la voiture, son fils saignait abondamment et qu’il aurait au moins fallu plusieurs points de suture pour qu’il soit remis. Mais comme le faisait remarquer le docteur, il n’y avait plus aucune trace de cette prétendue blessure. Le gamin adressa un très discret signe de la main à la vampire, qui le lui rendit avec un sourire bienveillant. « Il est adorable, tu ne trouves pas ? » demanda-t-elle nonchalamment à son compagnon. Sauter du coq-à-l’âne était sa spécialité.
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Les bonnes questions... Les bonnes questions, Ashton ne voulait pas se les poser. Il ne voulait pas affronter une vérité que son cœur semblait vouloir lui cacher. Il avait confiance en son instinct : s'il avait peur de se risquer à creuser un peu les émotions qu'il ressentait, c'est que ce qu'il trouverait sous ce couvert de haine ne lui plairait pas.
Ce qu'elle voulait, elle, ne l'intéressait pas plus. Il doutait d'ailleurs que dans sa folie, elle en soit vraiment consciente, et que ses actes suivent un schéma cohérent. Elle l'avait surement changé en vampire parce qu'elle avait trouvé ça drôle, sur le moment. Ou juste histoire de pourrir la vie et la mort de ceux qu'elle détestait.


    - Nous n'avons pas du lire les mêmes histoires. Dans les miennes, les chevaliers réservent leur galanterie aux princesses, et non aux monstres... Grommela-t-il, son humeur s'assombrissant encore en sentant qu'elle s'accrochait à son bras, avec une poigne dont il ne pourrait pas se dégager sans y laisser ce membre. Tu ne me lâcheras donc jamais...


Une promesse d'infini au parfum bien étrange. Il soupira, poursuivant sa route comme si de rien était, sous le regard des passants déçus de voir qu'ils semblaient se réconcilier. Ashton la laissait poursuivre son monologue, serrant dents et poings pour empêcher la rage qu'il éprouvait d'exploser : ils étaient dans un lieu public, après tout, et il ne tenait vraiment pas à attirer plus que ça l'attention sur lui. L'enjeu était bien trop important pour son buisness, ici, il devait pouvoir revenir dès qu'Harlow aurait une nouvelle livraison pour lui, sans craindre qu'on le reconnaisse.
Il essaya donc de détendre les traits de son visage, et de sourire au chirurgien qu'ils croisèrent, allant surement rejoindre le laboratoire où il avait prélevé quelques échantillons plus tôt.
Entendre parler de sa sœur en ces termes était d'autant plus douloureux qu'il savait la répugner à présent, par sa simple nature... Il ne pourrait plus jamais rien faire qui la rapproche de lui à nouveau. Et cela, parce qu'Ana était brave à l'extrême, qu'elle faisait passer le bien des autres avant le sien, qu'elle était loyale à ses principes, et impliquée dans sa tâche. Tout ce qu'il voyait chez son ainée était digne d'admiration à ses yeux, même s'il en serait la première victime si l'occasion se présentait.


    - Merci pour les conseils, pesta le jeune Valerius entre ses lèvres pincées. Ni l'un ni l'autre ne songeaient une seconde que de pareils actes puissent être mis à exécution, pour la principale raison qu'Ashton n'aurait jamais pu approcher sa sœur sans se faire liquider avant d'avoir pu ouvrir la bouche. Et il n'était pas revenchard comme la blonde : il ne souhaitait la mort de personne, il souhaitait juste avancer dans son éternité en paix. S'il le faut... Je ferais le nécessaire.


Elle lui fournit une merveilleuse excuse, en désignant un garçon qui se faisait soigner par un médecin visiblement éberlué : Ashton l'avait vu, quelques dizaines de minutes auparavant. Il ne fit cependant pas le lien de ses blessures avec l'apparition de Lilith, et prit sa déclaration pour une menace : elle le trouvait alléchant, voilà ce qu'Ashton comprit.
D'un geste brusque, presque imperceptible pour les humains, il ouvrit la porte d'un placard à ménage, et se jeta à l'intérieur en emportant avec lui sa créatrice, la plaquant violemment contre le mur en refermant derrière eux. Les rôles étaient cette fois inversés. Il brisa le manche d'un balai sur son genou avec précipitation, et en colla l'extrémité pointu contre la poitrine de la jeune femme.


    - Tu ne toucheras pas à cet enfant... Furieux, Ashton ne la quittait pas des yeux, surpris presque qu'elle n'ait pas encore réagit en le plantant lui-même. Elle en aurait été dix fois capable, face à la lenteur dont il faisait encore preuve, avec seulement trois ans d'âge vampirique.


L'obscurité de la pièce où ils étaient confinés désormais ne rendait pas la tâche facile à Ashton... Il avait du mal à distinguer les traits de Lilith, pour deviner son expression : la situation l'amusait-elle ? Avait-elle peur qu'il puisse, dans sa colère subite, la dominer suffisamment pour lui nuire ? La main du transylvanien tremblait, et il se méprisait de ne pouvoir saisir sa chance à cet instant.
Il suffisait d'un sursaut de volonté pour éliminer le danger à jamais, et ses chaines qui le liaient à elle, par une magie incompréhensible. Faute à cette relation tordue qu'ils avaient noués lors de l'étreinte, Ashton était perturbé par leur simple proximité, par son contact sur son bras, par l'idée de lui infliger un coup. Il connaissant l'issue de cet affrontement : c'était perdu d'avance.

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    L’attitude désobligeante de son Infant à son égard n’avait pour le moment aucune incidence sur son humeur. Elle était simplement heureuse d’être là, avec lui, de profiter un peu de sa présence avant qu’il ne retourne se terrer dans son bar miteux aux fréquentations plus que douteuses. Il avait beau avoir du sang royal qui coulait dans ses veines de mort-vivant, la seule chose qu’il avait fait depuis sa transformation était de prendre possession de ce commerce et… et quoi, au final ? La journée, il se calfeutrait dans son cercueil parce qu’il n’avait pas la force de rester éveillé. La nuit, il sortait jouer les barmans ou les coursiers. Rien à voir avec le train de vie qu’il menait autrefois. Elle désespérait un peu de le voir s’enfermer dans une routine monotone ; pensait-il qu’ainsi, il éviterait de commettre un dérapage en tuant quelqu’un lors du dîner ? Croyait-il qu’une existence morne était le châtiment approprié pour l’immortalité qu’il avait acquise ? Elle se trompait peut-être à son sujet. Ashton aimait peut-être son travail ? Elle lui coula un discret regard pendant leur marche. Outre ses traits tirés par la colère, il avait l’air… presque faible, en réalité. Et triste. Et terriblement énervé par ses propos. Ou était-ce sa simple présence qui l’exaspérait à ce point ?

    Il lui assura prendre ses conseils en considération et rajouta, presque froidement, qu’il serait prêt à faire le nécessaire si cela s’imposait. La menace sous-adjacente était très claire pour elle, mais curieusement elle ne se sentait pas aussi en danger qu’elle l’aurait dû. « Je sais. » Sa prise se desserra imperceptiblement tandis qu’elle détournait légèrement le visage. « Je sais que tu n’hésiteras pas s’il le faut. » murmura-t-elle d’un ton énigmatique, ses traits exprimant une impassibilité toute relative. Elle aurait préféré que les choses se passent mieux avec Asthon. Il la haïssait au moins autant que son premier Infant, lequel avait tenté de la tuer avant qu’elle ne lui arrache le cœur. Suite à cette trahison, elle s’était juré de ne jamais plus donner l’Étreinte et de vivre seule jusqu’à la fin de temps. Elle avait pensé qu’il l’aimerait, cet homme, et pourtant il avait voulu la tuer. Il l’aurait fait si elle n’avait pas laissé son instinct prendre le dessus sur ses sentiments. Néanmoins, elle avait brisé sa promesse. Pas une, mais deux fois. Apolline, puis Ashton. Si la française avait été un véritable modèle de loyauté et de sincérité à son égard, le prince suivait un peu trop les traces de son prédécesseur aux yeux de Lilith. Elle ignorait si elle serait capable de l’anéantir aussi facilement s’il venait à pointer un pieu sur son cœur. Après tout, elle l’aimait. A sa façon, certes, mais cela ne signifiait-il rien à ses yeux ?

    La suite des évènements répondit parfaitement à sa question mélancolique. Profitant de sa brève distraction, il se défit de sa poigne, l’attrapa à son tour pour l’enfermer avec lui dans une minuscule pièce et il plaqua un manche à balais brisé sur sa poitrine. Qu’avait-elle encore fait pour le rendre d’une humeur aussi massacrante ? « Tu ne toucheras pas à cet enfant… » « Sinon quoi ? » répondit-elle du tac-au-tac avec un rictus belliqueux. Bien sûr que non, elle ne tuerait pas le gamin. Elle l’avait guéri. Elle avait beau être la pire garce que la Terre ait jamais porté, elle n’était pas folle au point de gaspiller son sang pour ensuite abattre sa cible. Et qu’y avait-il à récolter en tuant un mioche ? Très peu de sang, beaucoup de problèmes. Elle n’était pas un monstre, quand bien même elle pouvait se comporter comme l’un d’eux. « Fais-le, Ashton. » Elle releva le menton dans une attitude de défi. « Fais-le. Tu seras libre. Je ne serais plus jamais sur ta route. Je ne tuerais plus jamais personne. Je n’arracherais plus aucun fils à son père ou à sa fratrie. Je ne serais plus. » Tous ses sens étaient en éveil à cet instant précis. Elle pouvait sentir chaque parcelle de peau qu’il effleurait, les échardes qui s’infiltraient sous ses doigts pendant qu’elle empoignait le morceau de bois brisé et qu’elle l’enfonçait un peu plus dans sa poitrine. Juste assez pour tendre la peau sur la chair. Juste assez pour qu’il suffise d’une faible pression pour qu’il traverse sa cage thoracique et pénètre son cœur. Cela ne la tuerait pas, mais ça l’immobiliserait. « Qu’est-ce que tu attends ? Je croyais que tu me haïssais ? » Cela ne la tuerait pas, mais ça lui ferait un mal de chien. Elle avait déjà été poignardée par le passé et l’expérience n’était jamais moins douloureuse.

    Elle se tu, durant d’interminables minutes. Seul son regard flamboyait dans la pénombre, ce bleu transcendant qu’elle partageait presque avec son Infant. Allait-il le faire ? Elle sondait ses yeux dans l’espoir d’y déceler une réponse. Pouvait-il le faire ? Si elle faisait tout pour avoir l’air indifférente, elle sentait la colère bouillir dans ses veines. Et s’il le faisait, que dirait-elle ? Elle avait une chance d’échapper au coup, de le dévier juste assez pour qu’il ne transperce pas son cœur. Elle avait une chance, mais la saisirait-elle ? Le temps passait pendant qu’ils restaient immobiles, l’un perdu dans ses pensées et l’autre dans l’attente de sa décision. Soudainement, elle en eut assez d’attendre. « Je n’ai jamais eu l’intention de blesser cet enfant. Il s’appelle Thomas. Tom. Je l’ai simplement guéri. » Une seconde et elle lui arracha son arme improvisé pour ensuite prendre le dessus sur lui, inversant les rôles. Elle n’avait pas besoin d’un morceau de bois pour le tuer. Sa main gauche agrippée à son cou, elle le forçait simplement à rester tranquillement collé au mur. « Alors ? Tu as manqué de courage au moment de planter ton arme, Ash ? » Elle plissa les yeux pour le dévisager. « Ne suis-je donc pas à tes yeux la pire chose qui te sois arrivée ? N’ai-je pas détruit ta vie ? Est-ce que je ne mérite pas la mort, selon toi ? C’est ce que tu me dis, pourtant. »

    Les traits de son visage se détendirent lentement pendant qu’elle l’observait, délaissant la colère au profit d’une émotion plus mystérieuse. De sa main libre, elle vint caresser la joue mal rasée du vampire, remontant jusqu’à sa chevelure ébouriffée et revenant à son point de départ. « Ou alors… ta haine n’est pas le sentiment le plus fort lorsque tu me regardes. » Il lui avait fait une promesse, bien des années plus tôt. Pour elle, c’était hier. Il lui avait promis de se lier à elle, d’être son chevalier servant. C’était un serment qu’il avait oublié, mais pas elle. Elle n’avait jamais eu l’intention de le blesser lors de cette attaque. Tout c’était déroulé trop vite, beaucoup trop vite. Elle n’avait pu que lui épargner la mort en lui donnant son sang. Après tout, c’était une façon comme une autre d’être ensembles pour l’éternité, non ? « Ashton » Il était bien plus grand qu’elle à présent. Elle se hissa sur la pointe des pieds, délaissant sa prise sur sa gorge pour entourer son visage de ses mains. Il lui avait promis de l’aimer. L’aimait-il toujours ?
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L'électricité qui crépitait dans ce placard à balais, si elle avait été palpable, aurait surement fait exploser tous les fusibles de l'hôpital. Les deux créatures se dévisageaient dans l'ombre, en attente d'un acte qui soulagerait cette tension. La garce s'amusait d'insister sur les conséquences heureuses de son trépas, sachant parfaitement que son Infant n'aurait jamais la force physique ou mentale de mettre à l'œuvre cet exploit... Provoquant chez lui une colère de plus en plus bouillante.
Elle se jouait de lui, le traitait avec cette condescendance d'autant plus douloureuse qu'il la savait justifié.


    - Je te hais, déclara-t-il, se raccrochant enfin à un sentiment qui lui paraissait véridique, dans le flux d'émotions qui le bouleversait. Oui, un mal si puissant qui l'unissait à elle, le faisant trembler à son contact, ne pouvait être que de la haine. Je te hais, confirma-t-il encore, avec une assurance feinte. Tu as détruit ma vie, ajouta-t-il, comme s'il devait à présent se justifier, trouver une bonne excuse pour se convaincre qu'il ne pouvait que la détester.


Les paroles de la jeune femme faisaient à peine sens dans son esprit, tant cette proximité avec elle le rendait mal à l'aise, malade presque. Il avait chaud, et il attribuait cela à ce confinement désagréable et au lien pervers qui naissait d'une étreinte... Il ne savait pas exactement quels étaient les effets de cette union, mais il aurait été prêt à payer pour qu'on lui confirme que l'attirance qu'il éprouvait, irrépressible, n'était du qu'à cela.
Il respira profondément, pour tenter de se calmer, réalisant bien qu'il s'agissait d'une manœuvre inutile. Le plus insupportable était sans doute de comprendre que Lilith pouvait très bien suivre le cours de ses pensées, et deviner avec quelle violence il la désirait en cet instant... Mais il ne comptait pas lui offrir le plaisir de confirmer de telles perversités.

Néanmoins, la tache devenait difficile, alors qu'elle se rapprochait de lui, à portée de lèvres, presque suppliante, en prononçant son nom... Le ventre du jeune Valerius se tordit, et il plaqua furieusement sa bouche contre celle de la blonde, se pressa contre elle avec une agressivité refoulée depuis trop longtemps. Ses mains agrippèrent avec avidité les cuisses de la blonde, pour les positionner autour de ses hanches, se serrant ainsi plus étroitement encore contre son bassin.
Puis tout aussi brutalement, il tira sur sa crinière d'or, brisant leur étreinte, avec un regard noir de mauvais présage.


    - C'est c'que tu veux ? Grogna-t-il, la voix rauque d'anticipation.


Le laisserait-elle vivre sa mort, ensuite, tranquille ? Cesserait-elle d'hanter ses pensées, quand il aurait enfin assouvit ce rite, qui semblait inéluctable à la relation entre un créateur et son Infant. Il voulait y croire, même si un instinct gênant, au fond de lui, lui chuchotait le contraire.

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    Ashton n’était pas le premier humain à croiser l’existence de l’Originelle. Il n’était pas le premier non plus à avoir été obnubilé par sa beauté, à tel point qu’il en avait oublié l’éclat trop étincelant de ses prunelles ou l’aura de danger qui émanait d’elle. Il n’avait pas été le premier, non, et pourtant il était le seul dont elle se souvenait en cet instant précis. Alors qu’il posait violemment ses lèvres contre les siennes, Lilith eut l’impression d’entendre son cœur battre, alors que c’était parfaitement impossible. Les étreintes charnelles entre vampires étaient généralement brusques et sans douceur, mais le lien qu’elle partageait avec le Valerius rendait les choses différentes pour elle. Etouffant un gémissement de plaisir, elle le laissa prendre le dessus. Il pourrait la supprimer. Il pouvait tout à fait le faire, sans qu’elle ne puisse voir venir le coup. Cette pensée était présente dans un coin de son esprit en ébullition, toutefois elle n’avait aucune prise sur elle. C’était un fait, rien de plus. Ashton pouvait en finir avec elle… Mais elle savait qu’il ne le ferait pas. Outre l’étrange connexion qu’ils avaient depuis qu’il était humain, il fallait rajouter le lien puissant qui les liait suite à l’Etreinte qu’elle lui avait donnée. Cela n’avait rien de malsain pour elle. Elle connaissait ce sentiment, celui de se sentir inhabituellement dépendant de quelqu’un, de son bon vouloir, de ses désirs. Celui d’être irrémédiablement attiré par cette personne, au point de prendre ça pour de l’obsession. Elle n’avait jamais connu un seul Infant qui soit capable d’ignorer son Sire… L’amour ou la haine, voilà les seules options. Et pour le moment, Ashton jouait au funambule entre les deux.

    « C’est c’que tu veux ? » Il brisa leur baiser en tirant brutalement sur ses cheveux blonds, lui faisant émettre un grognement de colère étouffé. Son regard rencontra le sien, empli d’une fureur incontrôlée et… D’autre chose. Sans craindre la douleur, elle redressa la tête alors qu’il empoignait toujours sa crinière et, glissant ses mains sur ses épaules, l’observa attentivement. L’esquisse d’un sourire, toujours, ourla ses lèvres. « C’est ce que tu veux. J’ai des années d’expérience, je sais reconnaître le désir lorsque je le vois. » Elle-même se sentait fébrile en sa présence, sauf qu’elle savait se contenir. Montrer ses faiblesses n’était pas dans ses habitudes, après tout. Profitant d’un baiser volé pour le distraire, elle se laissa glisser au sol dès qu’il cessa de tirer sur sa chevelure et, avec un air mutin, l’attira à elle pendant qu’elle se mettait dos au mur. « C’est ce que tu veux ou pas ? Qu’est-ce que tu désires, Ashton ? » Son index s’introduisit dans la boucle de sa ceinture. Il la détestait, il la haïssait de chaque fibre de son être. Dès qu’elle était près de lui, il en tremblait de colère. Seulement, il n’y avait pas que ça entre eux. Il avait beau se montrer violent, il avait beau la rejeter, Lilith était capable de sentir ce désir qui l’embrasait en sa présence. Un brasier qu’il ignorait de toutes ses forces dans l’espoir qu’ainsi, il pourrait se débarrasser d’elle plus vite. La ceinture cliqueta lorsqu’elle la décrocha, ses iris bleutés rivés aux siens. « Moi » Elle l’attira encore plus près.

    Même folle, Lilith savait qu’elle était incapable d’être en vie et pourtant… Avec le Valerius auprès d’elle, elle se sentait plus vivante que jamais. Elle avait eu un nombre incalculable d’amants, elle avait connu des hommes et des femmes tous plus extraordinairement doués les uns que les autres. Elle se complaisait à se dire suffisamment expérimentée dans ce domaine pour être une partenaire inoubliable. Elle était fière de cela… Pourtant, au contact d’Ashton, elle avait l’impression de brûler de l’intérieur. Ce n’était pas aussi désagréable que cela, au final. Son sang bouillait dans ses veines, son souffle artificiel accéléré rendait ses paroles rauques et chargées d’impatience. Elle se sentait presque humaine. Presque. « C’est toi que je veux. » admit-elle dans un murmure. Elle avait besoin de lui, elle avait besoin qu’il la déteste ou qu’il l’aime. Elle n’aurait pas supporté qu’il l’ignore. La possibilité qu’il vienne jusqu’à la trahir, poussé par son mépris, était moins douloureuse que l’ignorance qu’il pourrait lui prodiguer. N’importe quelle forme d’attention était bonne à prendre. Lilith lui était pratiquement soumise, en réalité. Elle aurait tout fait pour qu’il prononce à nouveau ces mots tant aimés. Et l’instant d’après, elle pouvait se montrer terriblement autoritaire ou froide comme la glace. Reprenant leur étreinte là où il l’avait arrêtée, elle savoura leur baiser fougueux, laissant ses mains parcourir son corps avant de partir explorer sa peau sous le tissu.

    Elle se sentait impuissante entre ses bras, serrée entre son corps et le mur. C’était ça, qu’elle aimait par-dessus tout. La faiblesse qu’elle ressentait dès qu’Ashton posait sur elle son regard envoûtant. Elle le voulait, lui, mais pas de façon forcée. Elle voulait qu’il la désire autant qu’elle, qu’il la prenne parce qu’il en avait envie. Elle voulait qu’il l’aime, pas parce qu’il le lui avait promis, mais parce que c’était ce qu’il ressentait. Et pour cela, il n’y avait aucun sort, aucune discipline qui pouvait l’y aider. C’était pour ça qu’elle se sentait faible face à lui. Parce qu’il n’y avait rien qu’elle puisse faire pour qu’il ne la haïsse pas.
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Tout pouvait changer, à cet instant : Lilith et Ashton était à un croisement, qui bouleverserait surement leur relation, dans un sens ou un autre. Plusieurs choix s'offraient au jeune Valerius. Sa main glissant sur la poitrine de sa créatrice, mouvant d'un instinct bestial, ressentait l'abandon qui s'emparait de sa compagne, et dont il aurait pu profiter pour la transpercer, à ce même point sensible. Mais il se contenta d'une caresse insistante et possessive - car l'autre issue était celle-ci, il pouvait la prendre, là, sur le champ, contre le mur, et lui montrer qu'en quelque chose il la tenait, et non l'inverse. Quoique... Il ne savait plus trop ce que justifierait cette étreinte, s'il y cédait.
Et elle se moquait - du moins c'est ainsi qu'il interprétait ses propos - percevant parfaitement cette envie d'elle incontrôlable qu'il ne pouvait plus cacher, ne serait-ce que parce qu'il la serrait de trop près... Et pourtant, il se rapprocha encore pour la faire taire, jusqu'à l'écraser contre le mur où elle s'appuyait.


    - Bien sur... C'est facile pour toi, ce jeu de séduction... Grinça-t-il entre ses dents, amer, ses crocs s'étirant langoureusement, rendus avide par cette étreinte. Est-ce qu'un de tes enfants a déjà voulu autre chose ?


C'était une question rhétorique : il s'était persuadé, désormais, qu'il lui était quasiment impossible de résister, juste parce qu'elle l'avait changé ainsi, pour qu'il soit à elle. Il ne voulait pas pourtant, et il voulait, tellement, en même temps. Deux émotions contradictoires se battaient en lui, qu'il identifiait vulgairement comme celles du monstre qu'il était devenu, et les siennes propres. Mais en vérité, il avait bien peur d'être moins complexe qu'il ne le pensait.
Elle détacha sa ceinture, et il la laissa faire, sentant à nouveau les flammes le consumer, de plus belle... Depuis qu'il était vampire, sa libido avait sensiblement évoluée, en quelque chose de plus animal. Il avait comblé ses besoins avec quelques vampires de son bar, des amantes de passage, sans éprouver rien que ne l'accroche au romantisme qu'il avait pu entretenir en étant humain. Le sexe vampirique avait quelque chose d'incomparable avec les relations douces des mortels.
Mais là, la passion qu'il éprouvait était encore inédite : plus profonde, plus puissante, au point d'en être douloureuse, au point qu'il ait l'impression de mourir une seconde fois, à subir une telle tension sans la soulager violemment dans la seconde.

Il fondit à nouveau sur les lèvres de Lilith, arrachant au passage, involontairement, un morceau de son haut qu'il écartait avec trop de brusquerie, pour découvrir sa peau. Dans son impatience, qui devenait maintenant agressive, il bouscula quelques produits ménagers, qui tombèrent avec fracas sur le sol, sans pour autant l'interrompre.
Bientôt, à force de mouvements indistincts et pressés, ils furent peau contre peau, enlacés dans un frottement brulant, que seuls de fragiles bouts de tissus empêchaient encore de devenir irréversible.


    - Qu'est-ce qui s'passe là dedans ? Demanda d'un ton grave et inquiet, un homme derrière la porte.


La voix fit à Ashton l'effet d'un saut d'eau glacé. Il s'écarta de sa compagne, la dévisageant avec horreur comme s'il venait tout juste de la découvrir, dans l'obscurité. Qu'avait-il failli faire ? Aurait-il jamais pu se pardonner, s'il avait été jusqu'à aimer de cette façon l'être qui avait détruit sa vie ?
Il ramassa ses habits, qu'il enfila prestement, avec la rapidité de la créature surnaturelle qu'elle avait fait de lui, sans plus jeter un regard vers la blonde, de crainte de céder de nouveau à l'appel de sa chair, si merveilleusement douce sous ses paumes glacées... Son corps entier le réclamait, mais il calma ses ardeurs avec toute l'expérience acquise lors de son adolescence, pour gérer ce genre de désagréments intempestifs. Il secoua la tête, ses crocs se rétractant automatiquement à des pensées plus sombres que la perspective luxueuse qui lui avait fait perdre la raison, pendant quelques délicieuses minutes.


    - Tu ne m'auras jamais, cracha le Valerius avec tous le mépris qu'il pouvait rassembler à cet instant, du plus profond de ses souvenirs. Ne m'approche plus.
    - Y'a quelqu'un ? Clama encore le vieillard, depuis le couloir. J'entends du bruit...
    - Pardonnez-moi, je cherchais la javel et j'ai renversé une étagère ! Répondit le plus calmement possible le jeune vampire, en rattachant ses derniers boutons. Je remets tout en place, ne vous en faites pas.


Il entendit, de son ouïe fine, son interlocuteur inconnu bougonner des insultes, et des insinuations tout à fait fondées. Néanmoins, il sembla que la déclaration eut le mérite de l'éloigner. Ashton ouvrit alors la porte, dans l'intention évidente de partir loin de ce lieu de perdition, avant que Lilith ne puisse encore le piéger, ou trouver un stratagème pervers pour l'emprisonner dans ses filets maudits.

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Back from Hell - Lilith & Ashton
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